Soutenu par Ottawa, aujourd'hui accusé de torture

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Le gouvernement canadien a contribué à maintenir au pouvoir un gouverneur... (Photo: CP)

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Photo: CP

 

Murray Brewster
La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouvernement canadien a contribué à maintenir au pouvoir un gouverneur afghan aujourd'hui accusé de torture.

L'ancien gouverneur de Kandahar Asadullah Khalid aurait pu perdre son poste dès 2006 si des responsables canadiens n'avaient pas pris sa défense, selon des notes diplomatiques n'ayant jamais été rendues publiques par le gouvernement canadien.

Cette révélation au sujet d'Asadullah Khalid, qui est demeuré gouverneur pendant deux ans après que des craintes eurent commencé à être soulevées au sujet de sa réputation, s'ajoute aux autres informations embarrassantes qui circulent depuis quelque temps au sujet des cas de torture de prisonniers afghans.

La nouvelle allégation est contenue dans le rapport de fin de mission rendu il y a deux ans par Richard Colvin, qui a tiré la sonnette d'alarme. Une version non censurée du rapport a été montrée pour la première fois à La Presse Canadienne.

L'ancien gouverneur de Kandahar Asadullah Khalid  ... (Photo: CP) - image 2.0

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L'ancien gouverneur de Kandahar Asadullah Khalid

Photo: CP

Le dégoût de M. Colvin face au soutien accordé par Ottawa à Asadullah Khalid, «auteur connu de violations des droits de la personne», est palpable et marque les paragraphes les plus incendiaires du rapport. Les mentions faites de l'ancien gouverneur ont été rayées de la version du document rendue publique par la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire.

«A ce que je sache, le Canada n'a jamais suggéré (au président afghan Hamid) Karzaï qu'Asadullah soit remplacé», a écrit M. Colvin.

«Lors de la rencontre au cours de laquelle le sujet a été abordé, en juillet 2006, c'est le président qui a soulevé la question. Le Canada a défendu le gouverneur, s'assurant de cette façon qu'il demeure en poste», a-t-il ajouté.

La version non censurée du rapport jette un éclairage nouveau sur le témoignage de M. Colvin devant un comité spécial de la Chambre des communes, le 18 novembre, lorsqu'il a affirmé que le gouverneur était considéré comme un «mauvais acteur» en ce qui a trait au respect des droits de la personne.

Le document rend également évidente la division qui existait entre les Forces canadiennes, qui soutenaient Asadullah Khalid, et certains diplomates sceptiques, qui ont fait de plus en plus entendre leurs voix au sujet des allégations de corruption, de trafic de drogue et de mauvais traitements réservés à des prisonniers visant l'ancien gouverneur de Kandahar.

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