Plus de 130 écoles publiques fermées en cinq ans

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Plus de 130 écoles publiques fermées en cinq ans

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À l'école Paul-de-Maricourt, on a installé une affiche au-dessus de la porte principale.

Photo: David Boily, La Presse

Marie Allard
La Presse

Il y a 20 000 élèves de moins que l'an dernier dans les écoles primaires et secondaires publiques du Québec. Depuis cinq ans, elles ont perdu un total de 84 000 élèves, surtout en raison de la baisse de la natalité. Depuis 2003, 134 écoles publiques ont fermé leurs portes dans la province. Bien d'autres sont à moitié occupées. Et ce n'est pas fini: le ministère de l'Éducation (MELS) prévoit que le nombre de jeunes dans les écoles publiques chutera encore de 52 000 -ou 6% du total- d'ici cinq ans. Principal secteur touché: le secondaire. «Il amorcera une décroissance qui pourrait lui faire perdre plus de 20% de son effectif au cours des 10 prochaines années», précise le Ministère dans ses prévisions de 2007.

Une petite remontée est attendue dans les écoles à partir de 2015, mais ce ne sera même pas assez pour revenir au niveau actuel. Du moins, pas jusqu'en 2023, dernière année pour laquelle le Ministère a sondé sa boule de cristal. Le MELS pourrait toutefois se tromper, comme le suggère le mini-baby-boom observé actuellement. Déjà, en juillet dernier, il a été forcé de revoir modestement à la hausse ses prévisions.

«La natalité augmente, alors il faut être prudent avant de fermer des écoles», dit Isabelle Gélinas, mère de trois élèves de l'école Samuel-De Champlain, à Longueuil, qui est menacée de fermeture.

Une solution de dernier recours pour la ministre

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, est du même avis. «Bien que les prévisions de clientèle soient effectivement à la baisse, il faudra s'attendre à des augmentations dans l'avenir grâce à la mise en place du Régime québécois d'assurance parentale, note Jean-Pascal Bernier, son attaché de presse. Pour Mme Courchesne, fermer une école ne doit être qu'une solution de dernier recours, après que toutes les autres alternatives aient été regardées. Parfois, les fermetures sont inévitables, mais ça doit être du cas par cas.»

D'autant plus que la ministre a promis, en campagne électorale, de diminuer de 10% le nombre d'élèves par classe, ce qui nécessitera davantage de locaux.

À Québec, la commission scolaire des Découvreurs a reculé, en décembre, et sauvé de la fermeture les écoles primaires Notre-Dame-de-Foy et Coeur-Vaillant-Campanile. Mais au moins cinq autres écoles fermeront bel et bien en juillet dans la province et plusieurs autres projets de «révocation d'actes d'établissement» circulent.

La baisse du nombre d'enfants frappe plus durement certaines régions. La Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a perdu 16% de ses élèves en cinq ans, le Saguenay-Lac-Saint-Jean autant.

«Nous avons perdu 40% de notre clientèle depuis 1998, c'est énorme», indique Liz S. Gagné, présidente de la commission scolaire des Rives-du-Saguenay. Déjà, huit écoles y ont été fermées depuis 2002 et quatre autres pourraient suivre en 2010. Parmi les coupables figure l'exode de la population, en plus de la dénatalité.

«Ça prendrait des écoles à roulettes»

Même en banlieue de Montréal, les quartiers vieillissants sont touchés par le manque d'enfants. «Les clientèles ne sont pas à la bonne place», résume Louise Lortie, présidente de la commission scolaire de Laval. Des familles s'installent autour du métro de Laval et réclament une école neuve, «alors qu'à cinq kilomètres il y en a une presque vide», fait-elle valoir.

«Ça prendrait des écoles à roulettes, lance Yvon Landry, secrétaire général de la commission scolaire des Draveurs, à Gatineau. Les gens vont s'établir n'importe où, en milieu semi-rural où ils ont un beau grand terrain boisé, puis ils viennent demander une école. Il y a une mentalité à changer.» L'école Raymond, du Vieux-Gatineau, fermera en juillet, ce qui n'empêche pas la commission scolaire des Draveurs de demander l'aide de Québec pour construire une école à l'autre extrémité de son territoire.

«Où est l'urgence de fermer?» demande André Lebeau, président du conseil d'établissement de l'école Raymond, qui réclame davantage de justifications. «On ne peut pas transporter les élèves d'un bout à l'autre de notre territoire», plaide M. Landry.

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