Les conservateurs s'attirent les foudres des universitaires

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Les conservateurs s\'attirent les foudres des universitaires

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«Les conservateurs ont une vision très étroite du monde universitaire. Il ne se limite pas au milieu des HEC (Hautes études commerciales)!», lance David Paradis, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec.

Photo: Alain Roberge, Archives La Presse

Violaine Ballivy
La Presse

Après les artistes, c'est maintenant au tour des universitaires de dénoncer les dernières orientations budgétaires des conservateurs. La décision d'Ottawa d'accorder de nouvelles bourses d'études concentrées sur le domaine des affaires, prévue dans le dernier budget fédéral, suscite de plus en plus de critiques. Le vent de colère souffle de plus en plus fort dans des campus d'un bout à l'autre du pays.

L'énoncé du dernier budget fédéral prévoit une hausse de 17,5 millions de dollars en deux ans du budget alloué au Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) qui seront redistribués uniquement à des étudiants dont les projets de maîtrise et de doctorat sont liés au domaine des affaires. Selon la présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université, Cécile Sabourin, cette mesure est tout simplement «inacceptable» et constitue une atteinte grave à la liberté de pensée du milieu universitaire. «Ottawa veut orienter la recherche sur les campus, on ne peut pas tolérer cela.»

 

«Les conservateurs ont une vision très étroite du monde universitaire. Il ne se limite pas au milieu des HEC (Hautes études commerciales)!» ajoute David Paradis, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec.

«Mesures rétrogrades»

Une centaine de professeurs de sciences humaines de partout au Canada ont adressé, mardi, une lettre ouverte au gouvernement conservateur lui demandant de revenir sur sa position et une pétition en ligne a été lancée la semaine dernière par la députée du NPD Niki Ashton. Mme Ashton affirme avoir recueilli quelque 12 500 signatures en moins de 10 jours. «Les nouvelles mesures sont rétrogrades et insultent les milliers d'étudiants canadiens qui font leurs recherches dans le secteur des sciences humaines qui ne sont pas liés à l'économie», dit-elle.

La controverse a pris une telle ampleur que le CRSH a jugé nécessaire de publier sur la page d'accueil de son site internet une note explicative au sujet de ces nouvelles directives, en fin de journée hier. Le Conseil insiste sur le fait que seuls les nouveaux crédits seront versés de façon ciblée dans le domaine des affaires, soit 500 bourses. «Les 2500 autres bourses accordées chaque année par le CRSH ne seront pas compromises. Il y a un malentendu» a déclaré à La Presse, hier, le président du Conseil, Chad Gaffield.

Mais tous les intervenants interrogés par La Presse affirment qu'ils ont bien compris les nouvelles dispositions. «On envoie tout de même le message que les sciences autres que celles liées à l'économie ne sont pas utiles», déplore le député du Bloc québécois Nicolas Dufour.

Auteure de l'essai Vive la recherche libre! publié cette semaine, la professeure de l'Université de Montréal Andrée Lajoie est du même avis. «Les étudiants vont sentir qu'il sera plus facile d'étudier dans ce domaine et, effectivement, ce sera le cas», dit-elle. «Ce n'est pas seulement mauvais pour les chercheurs mais pour toute la société en général», ajoute-t-elle, craignant que d'importants secteurs de recherche sociale ne soient délaissés.

 

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