Des écoles juives encore illégales

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Des écoles juives encore illégales

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C'est l'heure de la récréation pour les garçons de l'école juive orthodoxe illégale Yeshiva Toras Moshe de Montréal, ici au campus situé rue Bates.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

Marie Allard
La Presse

En 2007, le ministère de l'Éducation affirmait que les écoles juives illégales, qui comptaient 700 élèves, respecteraient bientôt la loi. Mais au moins trois écoles pour garçons hassidiques fonctionnent toujours sans permis, a constaté La Presse. Négligeant les autres matières, l'enseignement qu'elles donnent est surtout religieux.

Deux des trois écoles juives orthodoxes qui se sont entendues avec le ministère de l'Éducation pour légaliser leur cours secondaire n'ont pas respecté leur engagement, a appris La Presse. Les écoles communautaires Belz et Skver devaient demander un permis pour donner le secondaire aux garçons (ce qu'elles font illégalement) à partir de septembre 2008. Or, elles n'ont toujours pas de permis.

 

C'est en vertu du Protocole d'entente concernant la scolarisation de certains jeunes appartenant à la communauté juive (voir autre texte), signé par les écoles Belz et Skver le 16 juin dernier et par la ministre Michelle Courchesne le 3 juillet dernier, qu'elles devaient faire cette demande de permis pour 2008-2009.

«L'entente avec le Ministère n'a pas été signée aussi rapidement que prévu», a fait valoir hier Yann Bernard, avocat des écoles Belz et Skver. Cela a retardé, selon lui, l'envoi des demandes de permis.

Menace de transmettre le dossier à la justice

Le 26 août dernier, le Ministère a envoyé une lettre à l'école Belz, obtenue par La Presse grâce à la loi d'accès à l'information, précisant être «en attente du dépôt de votre modification de permis, afin d'ajouter les services d'enseignement au secondaire pour les garçons».

Ce n'est finalement que le... 23 janvier 2009 que l'école Belz a fait la demande de modification de permis attendue, a indiqué Ahissia Ahua, porte-parole du MELS. «La demande est en traitement actuellement, a-t-elle précisé. Une réponse parviendra à l'établissement en vue de la prochaine année scolaire.»

Le 30 octobre, c'était au tour de l'école Skver de recevoir une lettre plus menaçante du Ministère, lui rappelant qu'elle donne le secondaire aux garçons «sans que ces services éducatifs ne soient autorisés». Une demande de permis devait lui être adressée sous peu, à défaut de quoi le MELS allait transmettre le «dossier au ministère de la Justice qui prendra les recours appropriés».

Dès le lendemain, l'école Skver a transmis sa demande. L'école aura aussi une réponse «en vue de la prochaine année scolaire», selon Mme Ahua. Entre-temps, les deux écoles secondaires pour garçons continuent de fonctionner dans l'illégalité.

Les écoles veulent se conformer, selon leur avocat

«Ces écoles font tout ce qu'elles peuvent actuellement pour essayer de se conformer et ce n'est vraiment pas facile, a plaidé Me Bernard. Elles travaillent très, très fort pour correspondre aux exigences du MELS.»

Mais ces écoles hassidiques ne sont pas sans tache. La Commission consultative de l'enseignement privé, dans son rapport annuel 2007-2008, note plusieurs problèmes à l'école Belz. Certaines matières n'y sont pas enseignées, les frais facturés aux parents dépassent le maximum prévu par la Loi et les laboratoires de sciences sont inadéquats. L'école Belz détient des permis pour enseigner le primaire en anglais et en français et le secondaire en anglais (seuls les élèves qui terminent le primaire en français sont ensuite scolarisés illégalement en anglais au secondaire). Elle est subventionnée par Québec.

Aussi subventionnée, l'école Skver détient un permis pour le primaire (section garçons) et des permis pour le primaire et le secondaire (filles). La Commission y voit «plusieurs manquements d'importance»: les sciences n'y seraient pas enseignées et le temps consacré à l'enseignement non religieux y est insuffisant.

 

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