Moins de décrochage à English Montreal

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Moins de décrochage à English Montreal

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L'école John F. Kennedy se situe en queue de peloton dans le palmarès de l'Institut économique de Montréal: 457e sur 477, la 477e étant la plus faible.

Photo: Alain Roberge, La Presse

Michèle Ouimet
La Presse

Les chiffres sont renversants: 42,5% des élèves de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) obtiennent leur diplôme d'études secondaires en cinq ans, comparativement à 71,4% à la Commission scolaire English Montreal (CSEM), un écart vertigineux de 29 points.

Pourquoi? Les experts avouent leur ignorance. «Ce n'est pas un phénomène sur lequel on s'est penché», explique Pierre Potvin, professeur au département de psychoéducation à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Le directeur général de la CSEM, Antonio Lacroce, et la présidente de la CSDM, Diane De Courcy, sont tout aussi perplexes.

C'est peut-être un effet de la loi 101. La CSEM n'a pas le droit d'accueillir les enfants des immigrants qui n'ont pas étudié en anglais au Canada. Les jeunes qui arrivent de partout dans le monde aboutissent donc dans les classes d'accueil de la CSDM. Ils sont souvent sous-scolarisés.

Les écoles secondaires de la CSEM n'ont aucune classe d'accueil. La CSDM en a 74, dont la moitié reçoit des élèves sous-scolarisés.

Autre réalité : l'écart économique entre les anglophones et les francophones. Les élèves de la CSEM proviennent de familles plus riches que ceux de la CSDM. Chaque année, le comité de gestion de la taxe scolaire classe les 90 écoles secondaires de l'île selon un indice de défavorisation. Sur les 30 écoles les plus pauvres, 18 appartiennent à la CSDM, 6 à la CSEM.

Les élèves des écoles favorisées ont une fois et demie plus de chances d'obtenir leur diplôme qu'un élève d'une école pauvre.

La présence massive des écoles privées joue aussi un rôle. La CSEM perd 14% de ses élèves dans le délicat passage entre le primaire et le secondaire. La plupart des élèves perdus s'inscrivent au privé. À la CSDM, ce taux est deux fois plus élevé, soit 30%.

Là encore, les statistiques parlent : un élève du privé a cinq fois plus de chances d'obtenir son diplôme qu'un élève du public.

L'abîme entre les anglophones et les francophones se limite à Montréal. En Estrie, 44,3% des élèves de la Commission scolaire Eastern Townships obtiennent leur diplôme, comparativement à 50% pour les trois commissions scolaires francophones. En Outaouais, 60% des élèves de la Commission scolaire Western Quebec décrochent leur diplôme en cinq ans, alors que les quatre commissions scolaires francophones de la région affichent des taux légèrement inférieurs, qui oscillent entre 53 et 58%.

Les anglophones n'ont donc pas un cerveau plus performant que celui des francophones.

 

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