Dans les faits, le juge Jean-Pierre Bonin, de la Cour du Québec, a officialisé la sentence que le ministère public et la défense avaient annoncée l'automne dernier, à la suite des plaidoyers de culpabilité de Giordano et des cinq autres mafiosi de haut rang de la «famille» Rizzuto. Ce qui est nouveau, et à la fois exceptionnel, c'est que Giordano s'est vu créditer «presque en triple» le temps passé en prison depuis son arrestation en mai 2007, à Toronto, où il s'est caché pendant six mois pour échapper à la justice québécoise.
«Si nous avons accepté d'aller jusque-là, c'est que Giordano, pour des motifs de sécurité, a été gardé en isolation depuis 21 mois à la prison de Rivière-des-Prairies. Il a fait du temps plus dur que les autres, et la jurisprudence permet de tenir compte d'une telle situation d'exception», a expliqué devant le tribunal le procureur principal de la poursuite, Me Yvan Poulin.
En soustrayant de la sentence originale l'équivalent de 57 mois de détention préventive, Giordano a entamé hier une peine de 10 ans et 3 mois de pénitencier. Comme il a été condamné pour gangstérisme, il devra purger la moitié de cette peine avant d'être admissible à une libération conditionnelle. Il devra en outre se soumettre à un test d'ADN et ne pas posséder d'armes pour le reste de ses jours. En lieu et place d'un condo que la GRC voulait lui saisir à Laval, il a accepté de remettre 100 000$ à l'État. Cette somme s'ajoute à l'amende de 2,86 millions que les six mafieux montréalais ont payée, en octobre dernier.










