L'incident est survenu vers 14h30 au complexe Les Jardins de l'Aubade, situé sur la Place Beaubien. Selon une préposée aux bénéficiaires interrogée sur place hier après-midi, le suspect, âgé de 84 ans, aurait fait feu parce que l'infirmière voulait l'envoyer à l'hôpital.
«C'est pas la première fois qu'il la menaçait. Il avait une longue arme de chasse et il l'a traîné avec lui dans son fauteuil roulant électrique», a expliqué Diane Blanchard, qui se trouvait près d'un bureau réservé aux employés, où l'incident est survenu.
«J'ai entendu un coup de feu et une femme crier. J'ai pensé qu'il y avait une explosion», a ajouté Mme Blanchard, qui connaît bien la victime.
L'infirmière, âgée dans la mi-trentaine, a été blessée au niveau du thorax. «Elle était consciente à l'arrivée des ambulanciers», a indiqué Benoit Garneau, superviseur chez Urgences-santé. En fin de soirée, hier, son état est jugé critique, mais stable. Sa vie n'était pas en danger.
De son côté, Roxane Giroux travaillait dans la cuisine lorsque la détonation a résonné, suivie d'un énorme fracas. «J'ai couru et j'ai vu un homme avec un fusil en fauteuil roulant. Le propriétaire a bondi pour le maîtriser. L'infirmière était étendue par terre et demandait à parler à ses enfants», a raconté la jeune serveuse, sous le choc, en train de griller une cigarette en compagnie d'une poignée d'employées.
Mme Giroux a apporté des chiffons pour les appliquer sur la plaie de la victime, en attendant l'arrivée des secours.
L'incident a provoqué une onde de choc chez les résidants du complexe ouvert il y a quatre ans, qui abrite environ 70 personnes âgées.
Plusieurs se demandaient pourquoi l'homme en fauteuil roulant avait en sa possession une arme de chasse. «Mon Dieu comment est-ce possible! Je connais l'infirmière qui est ici depuis l'ouverture du foyer, elle fait toujours le maximum pour les personnes âgées», s'est exclamé Manuel Senra. «On n'est plus en sécurité nulle part», a pour sa part laissé tomber Cécile Vinette.
Plusieurs résidants étaient accoudés à leur balcon pour observer le branle-bas policier. Même chose pour les locataires du Chez-nous des artistes, le bâtiment voisin.
Plusieurs voitures de police grouillaient sur place et un cordon de sécurité a été déroulé devant l'entrée principale de la résidence.
Quant à l'auteur de cette tentative de meurtre, il a été conduit en détention pour y être interrogé par les policiers du Service de police de la ville de Montréal. L'octogénaire sera soumis à une évaluation psychiatrique.
«L'enquête va révéler pourquoi l'homme était en possession d'une arme à feu», a souligné l'agent Raphaël Bergeron, du SPVM. On ignore si l'arme longue, qui appartenait depuis longtemps à l'octogénaire, était dûment enregistrée.


















