Des accusation portées contre le chef du poste de la SQ à Sept-Îles

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Des accusations criminelles de fraude et d'abus de confiance ont été portées... (Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse

André Noël
La Presse

Des accusations criminelles de fraude et d'abus de confiance ont été portées hier contre le chef du poste de la Sûreté du Québec à Sept-Îles, Renaud Ringuette. L'homme de 56 ans est soupçonné d'avoir fait disparaître des armes à feu que confiaient les citoyens à la police.

Suivant les modalités de la loi, des citoyens qui ne voulaient pas enregistrer leurs armes les apportaient au poste pour s'en débarrasser. M. Ringuette, et d'autres agents, sont soupçonnés de les avoir gardées avec eux ou de les avoir remises en circulation, plutôt que de les avoir envoyées à Montréal pour destruction.

 

M. Ringuette était suspendu avec plein salaire depuis presque deux ans. Hier, il a été relevé de ses fonctions. Il recevra la moitié de son salaire jusqu'à ce qu'un verdict soit rendu. S'il est acquitté, il sera réintégré à la SQ. S'il est condamné, il sera congédié.

Quatre autres policiers font l'objet d'une enquête. Un sous-officier et deux agents sont suspendus avec plein salaire, eux aussi depuis presque deux ans. Un autre sous-officier a été affecté à des tâches administratives.

En mai dernier, le lieutenant Raymond Neveu, qui avait dénoncé les anomalies au poste de la SQ à Sept-Îles, a été acquitté d'accusations de menaces de mort contre son supérieur. Le jury a estimé que les accusations étaient non fondées. M. Neveu affirme qu'il avait été injustement accusé justement parce qu'il avait révélé de nombreuses irrégularités.

Le lieutenant Neveu a retrouvé son plein salaire. Il prévoyait revenir au travail le 1er septembre. Mais non. Il fait l'objet d'une enquête disciplinaire. La Direction des affaires internes de la SQ lui reproche d'avoir manqué à son serment d'allégeance et d'office, en révélant aux médias des informations sur son employeur.

La femme de M. Neveu, Johanne Kirouac, a écrit au ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, et au premier ministre Jean Charest, affirmant que l'État punit injustement un policier qui a voulu servir l'intérêt public. «C'est pire que pire depuis le procès, nous vivons une situation épouvantable, éprouvante pour nous et nos trois enfants», a-t-elle déclaré au Soleil.

Mme Kirouac affirme que les enquêteurs de la Direction des affaires internes sont venus harceler son mari jusqu'à son domicile. Elle soutient que d'autres policiers, notamment Mikel Golzarian et Guy Simard, ont aussi été victimes de représailles après avoir dénoncé des irrégularités dans la SQ.

De son côté, la SQ indique que l'enquête à l'endroit de M. Neveu est un processus normal. «Les enquêtes disciplinaires sont suspendues pendant les procédures judiciaires, a indiqué un porte-parole. Mais elles reprennent quand ces procédures sont terminées.»

 

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