La CSN et la FTQ signent une trêve

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La CSN et la FTQ signent une trêve

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Les dirigeants de la FTQ et de la CSN, Michel Arsenault et Claudette Carbonneau, ont signé un pacte de non-maraudage en vue des négociations dans le secteur public.

Photo: Robert Skinner, La Presse

 

Gabriel Béland
La Presse

Pour faire front commun contre un gouvernement libéral qu'ils qualifient de «méprisant», les deux plus importants syndicats du Québec ont décidé d'engager une trêve historique: la FTQ et la CSN ont signé hier un pacte de non-maraudage.

«On envoie un message clair au gouvernement et au patronat: ne comptez pas sur la division!» a lancé la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, lors d'un point de presse hier à Montréal.L'entente serait une première au Québec. Elle vise à préparer les prochaines négociations dans le secteur public québécois, qui commenceront l'année prochaine.

«On est mieux de faire ça ensemble au lieu de se chicaner avant d'aller à table, a dit le président de la FTQ, Michel Arsenault. Ça fait 35 ans que je négocie des conventions collectives et j'ai cette profonde conviction: plus on se tient, plus on a de chances d'atteindre nos buts.»

Le maraudage est une pratique bien établie par laquelle un syndicat cherche à recruter des membres d'une autre organisation (la trêve d'hier ne vise d'ailleurs que la fonction publique québécoise). Mais les deux centrales estiment qu'elles ont trop à perdre à s'entredéchirer dans le contexte actuel.

«On est des organisations habituées de vivre dans le pluralisme syndical et il y a des avantages à ça, a indiqué Mme Carbonneau. Mais en même temps, il y a un grave problème. Il y a un droit fondamental à restaurer: celui de négocier. Et il faut placer ce droit au premier chef.»

Les syndicats en ont notamment contre la loi 43, que le gouvernement de Jean Charest a adoptée sous le bâillon en décembre 2005. Cette loi fixe les salaires et les conditions de travail des employés de l'État jusqu'en mars 2010. L'enjeu des prochaines négociations sera donc surtout de «reconquérir un véritable droit de négocier».

L'enjeu sera aussi, bien entendu, salarial. Même s'ils admettent que les négociations auront lieu dans un contexte économique morose, les deux chefs syndicaux veulent que Québec délie les cordons de sa bourse. «On a déjà donné! Ça va me faire plaisir de le dire au gouvernement, a déclaré Claudette Carbonneau. La ministre Monique Jérôme-Forget nous parle de la grosseur de sa sacoche; je pense qu'elle l'a engraissée sur le dos des travailleurs du secteur public.»

Et le président de la FTQ, Michel Arsenault, d'ajouter: «Va falloir qu'elle la rouvre, sa sacoche!»

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