Le président de la FTQ voulait régler le problème à l'interne

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Le président de la FTQ voulait régler le problème à l\'interne

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Michel Arsenault, président de la FTQ.

Archives La Presse

Catherine Handfield
La Presse

Le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, était «estomaqué» par l'ampleur des notes de frais de Jocelyn Dupuis, l'ex-directeur général de la FTQ-Construction. Il souhaitait régler le problème à l'interne.

C'est du moins ce qu'affirme Ken Pereira, l'homme qui a rendu public le scandale qui embarrasse aujourd'hui une des grandes centrales syndicales du Québec.

 

L'émission Enquête, diffusée hier sur les ondes de Radio-Canada, a révélé que Jocelyn Dupuis s'est fait rembourser 125 000$ en six mois, l'an dernier, à même les cotisations des membres. Qui plus est, il aurait signé lui-même plusieurs reçus: des restaurateurs ont d'ailleurs contesté l'authenticité des factures soumises. M. Dupuis a pris sa retraite en novembre dernier après avoir été onze ans directeur général de la FTQ-Construction.

À l'émission Enquête, Ken Pereira affirme avoir montré à Michel Arsenault les factures de dépenses de Jocelyn Dupuis. «Je les ai montrées deux mois après que je les ai eues, il y a à peu près huit mois, affirme M. Pereira, président du syndicat des mécaniciens industriels, un syndicat affilié à la FTQ-Construction.

Michel Arsenault était «estomaqué» par l'ampleur des montants réclamés, selon M. Pereira. «Il a dit: «En un an, je n'ai pas les dépenses qu'il a en un mois.»» Le grand patron de la FTQ songeait même à fermer temporairement les bureaux de la FTQ-Construction pour tirer la situation au clair.

«Michel Arsenault m'a dit personnellement que le problème, on devrait le régler entre nous, a poursuivi M. Pereira. J'ai tout fait pour que ça reste dans la famille de la FTQ, mais ce n'est pas ça qui est arrivé.»

Rappelons que La Presse a révélé hier qu'en septembre dernier, Michel Arsenault a demandé à Jocelyn Dupuis et au président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée, de quitter leur poste. M. Arsenault venait d'être informé par des policiers des possibles liens entre M. Dupuis et le monde interlope.

Auto-approbation de dépenses

Toujours sur les ondes de Radio-Canada, Ken Pereira a expliqué comment Jocelyn Dupuis avait pu se faire rembourser 125 000$ en six mois. Selon lui, les sept membres du bureau de direction de la FTQ-Construction approuvaient eux-mêmes leurs dépenses.

«Jean Lavallée et Eddy Brandone (les anciens président et secrétaire trésorier) avaient une étampe au bureau de la FTQ-Construction. Ils n'étampaient même pas les factures. Ils laissaient les gens à la FTQ approuver leurs propres chèques.»

Le service des communications de la FTQ-Construction n'a pas voulu commenter ces allégations, hier, ni aucun autre aspect de l'enquête de Radio-Canada. Même silence du côté de la FTQ, qui «ne commentera pas avant vendredi (aujourd'hui)».

 

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