31 000 $ d'amende pour deux entreprises de grues

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À la suite d'un accident mortel survenu l'année dernière sur un chantier de... (Archives La Presse)

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Tristan Péloquin
La Presse

À la suite d'un accident mortel survenu l'année dernière sur un chantier de l'Île-des-Soeurs, la CSST a imposé à deux compagnies de grues montréalaises affiliées des amendes totalisant plus de 30 000 $.

«C'est très frustrant. C'est un accident. Je ne vois pas pourquoi on serait pénalisés», a déclaré à Cyberpresse la présidente de Grues JM Francoeur, Verna Poirier. L'entrepreneure entend contester les amendes de 14 530 $ et de 16 550 $ qui sont imposées à son entreprise et à Ster Grue, dont elle est la directrice générale.

L'accident en cause est survenu le 17 juin dernier, sur le chantier «Le Vistal», à l'Île-des-Soeurs, alors que des travailleurs s'affairaient à démonter une grue à tour. Au moment où les ouvriers, jugés sur la flèche de la grue à 97 mètres de hauteur, ont détaché la section avant, celle-ci, retenue par une grue mobile, s'est débalancée et a frôlé le casque d'un des deux travailleurs. Le second travailleur, Patrick St-Armand, a cependant eu moins de chance : la pièce de plus de 6000 kilos l'a frappé en plein visage, provoquant un traumatisme crânien majeur. L'homme, qui comptait cinq ans d'expérience, est décédé des suites de ses blessures.

Selon l'enquête de la CSST, un câble de retenue qui aurait pu éviter le mouvement mortel de la pièce métallique a été retiré trop tôt par les deux travailleurs. La façon dont la section de flèche était retenue par la grue mobile a aussi contribué à l'accident mortel. La CSST conclut donc que «Ster grue à tour et Grues JM Francoeur ont agi de façon à compromettre la sécurité des travailleurs».

La CSST estime que la faute incombe aux employeurs parce qu'«il n'y avait pas de procédures détaillées expliquant précisément la séquence de montage et de démontage de la grue», a affirmé Jean-François Beaudry, inspecteur à la CSST. «Le fabricant de la grue fournit un tel manuel, mais il est incomplet», a-t-il ajouté.

«La CSST y va un peu fort», rétorque la présidente de Grues JM Francoeur. «Sur les chantiers, il y a des normes et des programmes de prévention, mais ça n'existe pas pour les grues à tour», a-t-elle dit.

La CSST affirme qu'elle est entrée en contact avec la compagnie allemande qui a manufacturé la grue, mais n'a pas juridiction sur cette dernière.

Au Québec, le secteur de la construction est le plus touché par les accidents de travail. En 2008, quelque 7342 accidents sont survenus sur des chantiers, dont 14 ont été mortels.

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