Traité de libre-échange biologique avec les Etats-Unis : les producteurs québécois inquiets

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Traité de libre-échange biologique avec les Etats-Unis : les producteurs québécois inquiets

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Photo: Archives La Presse

Violaine Ballivy
La Presse

La signature d'un traité de libre-échange des produits biologiques entre le Canada et les États-Unis n'a pas fini de faire des vagues au Québec: le milieu du bio québécois prépare déjà sa réplique.

La Filière biologique du Québec, une table de concertation, a devancé sa prochaine réunion et ses membres doivent se réunir dès ce matin pour analyser en profondeur l'accord conclu mercredi dernier à Chicago. «On se prépare à mobiliser nos troupes, parce qu'on ne peut pas laisser les choses se passer comme ça», a affirmé hier le vice-président de la Fédération d'agriculture biologique du Québec et membre de la Filière biologique, Robin Fortin.Les producteurs affirment que le traité ouvre la porte à une concurrence déloyale de la part des producteurs américains, en permettant à ces derniers d'exporter leurs produits au Canada sans contraintes additionnelles et en utilisant le logo biologique canadien. «On ne peut pas comparer nos produits avec ceux des États-Unis. Nos normes sont beaucoup plus sévères: nous avons au moins 15 ans d'avance sur eux et encore, je suis conservateur», soutient M. Fortin.

Parmi les recours possibles, il envisage de demander à Québec de se retirer de l'entente de but en blanc. «Sinon, on assistera à un nivellement inacceptable des produits biologiques offerts aux consommateurs.»

Une marge de manoeuvre limitée

Le ministère de l'Agriculture n'a pas encore porté publiquement de jugement sur les principes du traité, qui fait encore l'objet d'analyse, mais il démontre aussi une certaine inquiétude. «Nous devrons bien nous assurer que le Québec ne soit pas pénalisé parce qu'on a toujours été avant-gardistes pour encadrer les produits biologiques», a reconnu hier Sylvain Bourassa, porte-parole du ministre Laurent Lessard.

Québec tempère toutefois les attentes des producteurs. «La loi canadienne a préséance sur celle du Québec», a noté hier M. Bourassa.

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