Daniel Johnson est allé plus loin que son mentor

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Daniel Johnson est allé plus loin que son mentor

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Maurice Duplessis, lors de la victoire de l'Union nationale en 1952.

Photo: Archives La Presse

Daniel Lemay
La Presse

Maurice Duplessis est mort à Schefferville le 7 septembre 1959, dans ce Nouveau-Québec qu'on l'accusait d'avoir vendu aux Américains.

Après Paul Sauvé en 1960, Daniel Johnson a été le troisième premier ministre de l'Union nationale à mourir en fonction. C'était le 26 septembre 1968 au barrage Manic 5 qu'il venait d'inaugurer et dont il avait supervisé les premières élaborations, 10 ans plus tôt en tant que ministre des Ressources hydrauliques de Duplessis?; le barrage, une des plus grandes réalisations québécoises, sera plus tard nommé en son honneur.Duplessis n'a pas eu d'enfants mais les deux fils de Daniel Johnson ont été premiers ministres du Québec?: Pierre Marc a succédé à René Lévesque en 1985 et Daniel fils à Robert Bourassa en 1994. Un fait unique dans l'histoire de la démocratie.

Pierre Marc Johnson, qui adolescent a rencontré Maurice Duplessis, se souvient d'«une figure de grand-père autoritaire»: «Il avait la poigne serrée. Cette image de conservatisme a fait qu'il en est venu à représenter l'altérité par rapport à ceux qui incarnaient la modernité au Québec.»

Et Duplessis en était parfaitement conscient, selon M. Johnson: «Il avait dit à papa: "Je suis assis sur le couvercle. Quand je vais partir, ça va sauter." Il avait suivi les mouvements de transformation sociale en Europe, la montée de la social-démocratie notamment où c'est l'État qui définit les grandes orientations. Lui-même ne croyait pas à ce rôle de l'État mais il savait que le Québec n'était pas à l'abri.»

Le plus grand legs de Duplessis? «Il a défini une certaine identité du territoire québécois comme lieu d'évolution des Canadiens français. Ce faisant, il a contribué à la définition des aspirations autonomistes du Québec.»

Daniel Johnson - que de Gaulle appelait «mon ami Johnson» - a posé d'autres critères à cette autonomie dans l'ouvrage Égalité ou indépendance paru en 1965. Dans ce qui constituait la plateforme électorale de son parti - l'Union nationale accédera au pouvoir l'année suivante -, le chef de l'opposition du temps y soutenait que «la Confédération n'est pas une fin en soi».

Duplessis, son ancien mentor, n'avait jamais approché ce niveau de clarté.

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