Ottawa devrait afficher à nouveau un modeste surplus par la suite, selon M. Page, qui arrive à ces conclusions en faisant la moyenne des prévisions d'une douzaine d'économistes. Cela dit, M. Page estime que la situation pourrait être pire si la récession mondiale qui commence est plus longue et plus profonde que prévu par les économistes. Dans un tel cas, le gouvernement fédéral enregistrerait des déficits «importants et persistants» de 13,8 milliards en 2009-2010, de 13,2 milliards en 2010-2011, et de 11,8 milliards pour les deux exercices financiers subséquents. «La crise financière soutenue à l'échelle internationale est venue accentuer l'incertitude entourant les marchés financiers et l'économie mondiale. La croissance économique mondiale a connu un ralentissement abrupt et on prévoit une récession d'envergure mondiale», affirme M. Page. Selon lui, la disparition de la marge de manoeuvre financière à Ottawa n'est pas uniquement attribuable à la crise financière.
M. Page laisse entendre que le gouvernement Harper aurait pu maintenir l'équilibre budgétaire s'il n'avait pas réduit d'un autre point de pourcentage la TPS en octobre 2007 et réduit les impôts des sociétés. La baisse d'un point de pourcentage de la TPS prive le trésor fédéral de près de 7 milliards de dollars en revenus par année. «Ce faible rendement financier n'est sans doute pas attribuable, cependant, aux piètres conditions économiques puisque le PIB nominal est plus élevé qu'on ne l'avait prévu dans le budget 2008. Les recettes fiscales du fédéral sont en baisse de 353 millions de dollars par rapport à la même période l'an dernier, ce qui témoigne des récentes mesures politiques prises par le gouvernement canadien telles que les dernières réductions de la TPS et des impôts des sociétés», écrit M. Page. Le ministre des Finances, Jim Flaherty, part sa propre mise à jour économique et financière le jeudi 27 novembre à la Chambre des communes.
Cette analyse de M. Page a donné des munitions hier aux libéraux de Stéphane Dion à la Chambre des communes. Ils ont accusé le gouvernement de Stephen Harper d'avoir anéanti la marge de manoeuvre d'Ottawa en augmentant les dépenses de manière substantielle en deux ans et en réduisant la TPS. «La vérité c'est qu'en moins de trois ans, ce gouvernement conservateur a détruit le surplus de 13 milliards de dollars dont il a hérité du gouvernement libéral précédent. Le gouvernement parle maintenant d'un déficit. Ce déficit ne sera pas le résultat de la crise économique globale. L'ancien gouvernement libéral a réussi à enregistrer un surplus durant la crise financière asiatique, après les attentats du 11 septembre 2001 et la crise du SRAS. Qui est responsable de ce déficit? Ce gouvernement conservateur, ce ministre des Finances, ce premier ministre», a lancé hier matin aux Communes Stéphane Dion durant le débat sur le discours du Trône.
M. Dion est revenu à la charge plus tard en après-midi durant la période de questions. «Moins de trois ans auront suffi à ce gouvernement pour renverser les efforts et les sacrifices des Canadiens qui pensaient bien avoir remisé les déficits fédéraux au passé», a-t-il affirmé. Stephen Harper a rejeté ces accusations, affirmant au contraire que les politiques adoptées par son gouvernement ont permis au Canada jusqu'ici d'éviter le pire de la crise financière mondiale. «Le Canada est l'un des rares pays industrialisés qui affichent toujours un surplus cette année. Il est correct de dire que le surplus est moins important que dans le passé parce que ce gouvernement a décidé de mettre en oeuvre des mesures fiscales pour stimuler l'économie alors qu'elle commençait à ralentir. C'est la bonne décision fiscale à prendre et elle a été appuyée par les Canadiens», a dit le premier ministre.










