Phénomène rare, aucun avocat ne se présente aux partielles

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Des électeurs votent à Montréal   ... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Des électeurs votent à Montréal

Photo: Robert Skinner, La Presse

 

Sunny Freeman
La Presse Canadienne

Les électeurs des quatre circonscriptions fédérales où une élection partielle aura lieu lundi auront à choisir un candidat dans une liste où figurent trois agriculteurs, quatre politiciens municipaux, un directeur d'école, un plombier et un ingénieur, mais aucun avocat, une profession qui domine pourtant la politique canadienne.

Depuis 1867, année de l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, 1009 avocats ont siégé à la Chambre des communes, soit près de deux fois plus que le nombre de politiciens issus d'une autre profession, selon des données compilées par le Parlement.

Quinze des 22 premiers ministres canadiens ont pratiqué le droit, et Stephen Harper, économiste de formation, est le premier chef du gouvernement du Canada depuis 1980 à ne pas être avocat.

Mais les juristes ne dominent pas que la politique canadienne.

Selon une analyse de la publication Economist basée sur des informations portant sur 5000 politiciens de partout dans le monde, les avocats sont prédominants dans la plupart des pays démocratiques. Cette analyse a également trouvé que le droit, suivi par les affaires, est la formation la plus courante pour les politiciens de partout dans le monde.

Adam Dodek, un professeur en droit de l'université d'Ottawa, n'est pas surpris par de tels résultats, puisque les avocats accordent, selon lui, une très grande importance à la suprématie du droit, un principe fondamental de la démocratie.

Selon lui, l'essence même du métier d'avocat est d'être un «régleur de problèmes», un communicateur et un porte-parole. M. Dodek est d'avis que ces trois qualités sont également utiles à un politicien.

Le professeur en droit a toutefois averti qu'une concentration de pouvoir dans les mains d'avocats, ou dans celles de tout autre groupe, fragiliserait la démocratie.

Trevor Harrison, un sociologue de la politique de l'université Lethbridge, en Alberta, pense, quant à lui, que la mentalité accusatrice et le côté théâtral des salles de tribunal favorisent la partisanerie dans les assemblées législatives.

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