Clément Gignac a trahi le Québec, dit Marois

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Clément Gignac a trahi le Québec, dit Marois

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Le candidat libéral dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys, Clément Gignac

Photo: David Boily, La Presse

Tommy Chouinard
La Presse

(Québec) La chef péquiste Pauline Marois accuse le candidat-vedette du Parti libéral, Clément Gignac, d'avoir «trahi» le Québec. Jusqu'à tout récemment, l'économiste travaillait pour Ottawa à la création d'une commission des valeurs mobilières pancanadienne, un projet auquel s'oppose l'Assemblée nationale, a-t-elle souligné hier.

Le premier ministre Jean Charest assure que son candidat dans Marguerite-Bourgeoys partage aujourd'hui la position du gouvernement québécois.

Cette réponse n'a pas rassuré la chef péquiste Pauline Marois, qui a mis en doute la loyauté de M. Gignac. «Qui a trahi, trahira», a-t-elle lancé en Chambre, une remarque qui a fait bondir les libéraux. Elle a accusé M. Charest de «tenter de faire élire à l'Assemblée nationale un des architectes du plan Flaherty», le ministre fédéral des Finances.

«Elle connaît très bien la position du gouvernement sur cette question-là, et c'est exactement la position que va défendre M. Gignac», lui a répondu Jean Charest. La chef péquiste a conclu que le premier ministre «désavoue le travail accompli par son candidat Clément Gignac sur la question de la Commission des valeurs mobilières et qu'il ne baissera pas les bras et ne s'agenouillera pas devant Ottawa».

Au cours d'une conférence de presse, Jean Charest a martelé que «M. Gignac défend la position que nous défendons comme gouvernement et comme parti politique».

Jusqu'au 20 mai, tout juste avant de devenir candidat du PLQ aux élections partielles du 22 juin, Clément Gignac était conseiller spécial auprès du sous-ministre des Finances à Ottawa. Il travaillait notamment à la création d'une commission des valeurs mobilières pancanadienne, à laquelle s'oppose Québec. En entrevue à La Presse le 2 mai 2006, M. Gignac accueillait avec un optimisme réservé le projet fédéral. «Je crois que tout ce qui peut réduire la paperasse, faciliter l'harmonisation et enlever des barrières est un pas dans la bonne direction», affirmait-il.

Jean Charest se dit prêt à contester la constitutionnalité du projet fédéral devant les tribunaux «si le gouvernement insistait pour aller de l'avant et faire cavalier seul». En mars, bien avant que Clément Gignac ne fasse le saut en politique, La Presse indiquait que le gouvernement Charest se prépare à s'accommoder de la volonté d'Ottawa. Il voudrait permettre à l'Autorité des marchés financiers de fonctionner au Québec parallèlement à la nouvelle commission pancanadienne.

«Je ne ferai pas de commentaire sur des hypothèses», a affirmé Jean Charest sur ce possible compromis. «On ne sait pas ce que le fédéral peut sortir. S'il sort quelque chose, on fera à ce moment-là une analyse, mais on n'est pas là.»

Mobilité de la main-d'oeuvre

En conférence de presse, Jean Charest a salué l'adoption du projet de loi permettant la mise en oeuvre de l'entente France-Québec sur la mobilité de la main-d'oeuvre. Cette entente facilite la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles. Jusqu'à maintenant, des «arrangements» ont été conclus pour 17 métiers et professions.

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