«Notre demande, c'est d'abolir un traitement qui est expérimental depuis 70 ans», a résumé Ghislain Goulet, porte-parole du groupe Action autonomie, un organisme à but non lucratif qui vient en aide aux personnes ayant des problèmes de santé mentale.Appuyés par l'ex-ministre péquiste Louise Harel, les manifestants ont affirmé que les personnes qui sont traitées aux électrochocs - le terme technique est «électroconvulsothérapie» ou ECT - ont des pertes de mémoire et des problèmes de concentration. Ils ont fait valoir qu'une étude de l'Agence d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé avait recommandé que l'ECT soit mieux encadrée.
Mais le Dr Simon Patry, de l'Association des médecins psychiatres du Québec, souligne que les opposants omettent plusieurs autres études qui ont confirmé les bienfaits du traitement. D'ailleurs, a-t-il souligné, la technique s'est beaucoup améliorée au cours des dernières années, si bien que les effets secondaires sont beaucoup moins graves qu'ils ne l'étaient autrefois.
«On a toujours un peu cette perception baroque des électrochocs donnés à froid, qu'il y a des cris pendant les traitements, a-t-il concédé. Je peux faire témoigner plusieurs patients qui diront le contraire.»
Le psychiatre, qui pratique à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, affirme qu'on est loin de l'époque où des médecins utilisaient l'ECT et la lobotomie pour traiter presque n'importe quelle maladie mentale. La méthode n'est employée que dans des cas de dépression très grave. Les patients sont anesthésiés. Et l'intensité du courant a beaucoup diminué.
«Il ne faut pas jeter ce traitement aux oubliettes, a affirmé le Dr Patry. J'en suis convaincu et plusieurs patients pourront vous le dire.»










