Tensions en vue sur les pistes cyclables

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Tensions en vue sur les pistes cyclables

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Archives La Presse

Violaine Ballivy
La Presse

Chassés du circuit Gilles-Villeneuve, les cyclistes qui aiment pédaler à toute vitesse risquent fort de se rabattre sur le bitume des autres pistes cyclables de la métropole pour leurs entraînements. Tensions en vue avec les sportifs lambda qui préfèrent la promenade à la course.

Marie-Lyne Séguin déteste qu'un cycliste lui colle à la roue arrière et lui fasse sentir qu'elle roule trop lentement. Ou pire, la dépasse de très près à vive allure. «Ça m'énerve et c'est dangereux. Je ne fais pas du vélo pour faire de la compétition, mais pour me relaxer», explique la jeune femme rencontrée sur la piste du parc Maisonneuve.

 

Le porte-parole de Vélo Québec, Patrick Howe, partage son avis. «Les pistes cyclables ne sont pas conçues pour s'entraîner à vélo ou faire de la très grande vitesse», dit-il. D'où sa colère devant la décision de la Société du parc Jean-Drapeau d'installer des chicanes sur le circuit Gilles-Villeneuve pour ralentir les cyclistes. Privés de leur lieu de prédilection pour s'entraîner, des mordus de vitesse pourraient envahir les pistes récréatives, où ils ne sont pas les bienvenus. «Si vous mettez un barrage sur un cours d'eau, l'eau va déborder. C'est la même chose pour les cyclosportifs. Ils vont continuer de s'entraîner, mais ailleurs.»

«Il faut qu'ils aient leur circuit à eux, sinon, il y aura davantage d'accidents», craint Boubba Dadou, sa fillette de 19 mois assise à l'arrière de sa bécane.

«Je préfère sincèrement les voir dans un seul endroit que de les retrouver partout où ils ne respectent rien», affirme Martin Brisson dans une lettre d'opinion envoyée à la Société du parc Jean-Drapeau.

La vitesse dans certaines pistes cyclables, dont celle du canal de Lachine, est officiellement limitée à 20 km/h. «Mais franchement, comment peut-on penser faire respecter ce règlement? demande Julie Beaulieu. D'ailleurs, souvent, ce ne sont pas les cyclistes qui vont trop vite qui sont dangereux, mais ceux qui s'arrêtent et changent de direction sans prévenir, dit cette cycliste. D'où, justement, l'importance d'avoir des voies séparées.»

La décision de la Société du parc Jean-Drapeau, qui a suscité beaucoup de réactions chez les cyclistes de tout acabit, sera à l'ordre du jour de la prochaine rencontre du responsable du Plan de transport de la Ville de Montréal, André Lavallée, avec les responsables de la Société du parc Jean-Drapeau. «Il y a un problème de cohabitation et il y a peut-être des solutions», a-t-il affirmé hier.

 

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