Administration Tremblay-Dauphin: la confiance s'effrite

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Administration Tremblay-Dauphin: la confiance s\'effrite

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Gérald Tremblay

Photo: André Tremblay, La Presse

Sara Champagne
La Presse

Le lien de confiance entre les Montréalais et Gérald Tremblay est fortement ébranlé par les révélations récentes qui ont éclaboussé l'hôtel de ville. Le mécontentement est à ce point élevé chez les citoyens que 38% d'entre eux réclament la démission du maire. Mais malgré tout, si des élections municipales avaient lieu aujourd'hui, il obtiendrait un troisième mandat.

À six mois seulement des élections, la majorité des citoyens montréalais ne croit pas le maire quand il affirme qu'il n'était pas au courant des malversations à la SHDM et de certains faits relevés dans le dossier des compteurs d'eau, révèle un sondage Angus Reid Strategies-La Presse. Nombreux sont les électeurs qui estiment que l'image de la métropole a par ailleurs été ternie depuis le mois de janvier. Depuis que Gérald Tremblay a été élu maire de Montréal, en 2001, jamais il n'aura perdu autant de lustre aux yeux de ses citoyens. Depuis le début de l'année, plus de la moitié des répondants, soit 57%, affirment que leur degré de confiance a «beaucoup ou modérément» diminué envers Gérald Tremblay.

Dans la même veine, 56% des répondants ne croient pas Gérald Tremblay quand il affirme qu'il n'était pas au courant des malversations à la SHDM et de certains faits relevés dans le dossier des compteurs d'eau.

La chute de confiance à l'égard du maire est à ce point vertigineuse que la majorité, soit 38% des répondants, réclame le départ du maire. La maison de sondage Angus Reid Strategies remarque que parmi ceux qui réclament sa démission, 53% ont suivi de près le scandale de la SHDM et 47% celui des compteurs d'eau. À l'inverse, seulement un sur trois de ceux qui estiment que le maire devrait conserver son siège (34%) ont suivi les dossiers (33% celui de la SHDM et 36% celui des compteurs d'eau).

«Il est plutôt rare qu'une maison de sondage ait l'occasion de demander à des répondants s'ils considèrent qu'un élu devrait démissionner, explique Jaideep Mukerji, vice-président aux affaires publiques d'Angus Reid Strategies. On constate que les gens sont divisés selon le suivi qu'ils ont accordé aux controverses. Dans l'ensemble, les résultats du sondage démontrent clairement que les scandales ont grandement affaibli le maire.»

Montréal en souffre

N'en déplaise à Gérald Tremblay, qui affirmait récemment que la réputation de la métropole ne souffrait pas des scandales qui frappent son administration, deux citoyens interrogés sur trois, soit 66%, pensent le contraire.

En conséquence, un peu plus de la moitié des répondants (54%) se disent «très insatisfaits» ou «modérément insatisfaits» du rendement du maire depuis janvier dernier. L'insatisfaction grimpe à 64% quand il est question de l'ancien bras droit du maire, Frank Zampino, dont les liens avec l'entreprise Dessau font constamment la manchette.

Malgré une perte de confiance des citoyens, le maire Tremblay maintient le cap dans les intentions de vote. Plus du quart des gens sondés (26%) seraient prêts à voter pour lui. Avec 21% des intentions de vote, Benoit Labonté, chef de l'opposition, le talonne toutefois de près.  Rappelons que lors des élections de novembre 2005, Gérald Tremblay avait  été élu avec 54% des suffrages exprimés, contre 36% pour son principal rival, l'ex-maire Pierre Bourque.

Interpellée à plusieurs reprises depuis deux semaines pour son rôle dans le processus de fusion de la SHDM avec une autre société paramunicipale, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, a la cote auprès d'un répondant sur deux (47%), qui croit que son idée d'adopter un code d'éthique municipal «empêcherait peut-être des scandales» de se produire. Les mêmes répondants, par une proportion de 37%, se disent toutefois «très insatisfaits» ou «modérément insatisfaits» du rendement de la ministre à Québec depuis janvier.

Le sondage Angus Reid Strategies-La Presse a été réalisé les 6 et 7 mai derniers, auprès de 805 répondants à l'aide d'un formulaire sur le web. Il s'agissait de résidants de Montréal, francophones et anglophones, aptes à voter aux prochaines élections municipales. La marge d'erreur de ce sondage est de 3,5%, 19 fois sur 20.

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