Le taux de chômage atteint 10,5% dans l'île

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Le taux de chômage atteint 10,5% dans l\'île

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Les concessionnaires automobiles, déjà frappés de plein fouet par la crise économique, ne seront pas heureux d'apprendre que le nombre de bénéficiaires de l'assurance emploi a fait un bon considérable dans l'île de Montréal au cours du premier trimestre de 2009.

Photo: Robert Mailloux, La Presse

Catherine Handfield
La Presse

Pendant les trois premiers mois de 2009, le marché de l'emploi a connu une période difficile dans l'île de Montréal. Le taux de chômage désaisonnalisé est passé de 8,6% à 10,5%, selon les données comptabilisées par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) à l'aide des chiffres de Statistique Canada.

«Près de 2%, c'est un bond énorme», constate Maxime Trottier, conseiller en recherche à la CMM. Le taux de chômage a beaucoup moins augmenté en banlieue : à Laval, il est passé de 7,2% à 7,9%. Et pour l'ensemble composé de Longueuil et des couronnes, de 6,2% à 6,4%.

La récente baisse de l'emploi dans l'île de Montréal est encore plus surprenante si on la compare avec l'an dernier. Alors que le taux d'emploi chutait tranquillement à Laval, à Longueuil et dans les couronnes, les indicateurs demeuraient relativement stables dans l'île.

Comment analyser ce changement ? Selon Maxime Trottier, cela s'explique en partie par les récentes pertes d'emplois dans les secteurs publics et parapublics, qui regroupent les fonctionnaires de même que les employés des hôpitaux et des universités.

«En 2008, les pertes d'emplois touchaient surtout l'industrie manufacturière et les services aux citoyens. Les travailleurs des couronnes ont écopé puisque leur économie locale est essentiellement axée sur ces deux secteurs», explique Maxime Trottier.

Or, lors du premier trimestre de 2009, Statistique Canada a révélé un nouvel affaiblissement lié à la crise économique : celui des secteurs public et parapublic. Et ces emplois se concentrent généralement dans le centre des agglomérations, explique M. Trottier.

Les résidants de l'île ont également été touchés par la baisse de l'emploi dans les secteurs de la finance, des assurances et de l'immobilier, qui montrent des signes de faiblesse depuis la fin de 2007, estime M. Trottier.

Résultat : dans l'île, le nombre de bénéficiaires de l'assurance emploi a bondi. En mars, on y recensait 38 640 bénéficiaires, selon les données comptabilisés par La Presse à l'aide de résultats fournis par Statistique Canada. C'est 22% de plus qu'en janvier, et 40% de plus qu'à pareille date l'an dernier.

Les banlieues écopent aussi

Statistique Canada ne comptabilise pas les taux de chômage dans les villes sur une base mensuelle. Pour les plus petites unités de recensement, l'organisme fédéral calcule toutefois le nombre de bénéficiaires de l'assurance emploi.

Bien que le taux de chômage y soit moins élevé que dans l'île, les banlieues ont également vu le nombre de bénéficiaires augmenter au cours des derniers mois.

En mars dernier, Laval comptait 2400 bénéficiaires de plus qu'en mars 2008, une hausse de 39%. Laval a également été touché par la baisse des emplois dans les secteurs public et parapublic, estime Maxime Trottier.

La hausse est légèrement moindre dans l'agglomération de Longueuil (38%) : les villes qui la constituent ont été touchées notamment par les mises à pied à l'usine Pratt & Withney de Longueuil, analyse M. Trottier.

Du côté des couronnes, le sud écope également un peu moins que le nord, révèlent les données. La couronne Nord comptait un total de 15 000 bénéficiaires en mars dernier, une augmentation de 38% par rapport à l'an dernier. La couronne Sud en comptait pour sa part 11 000, en hausse de 34% par rapport à l'an dernier.

Pourquoi le nord est-il plus touché que le sud ? La Rive-Sud est probablement moins tributaire du secteur manufacturier, fortement touché par la crise économique actuelle, estime Maxime Trottier.

D'ailleurs, les villes situées à proximité des industries semblent plus touchées que la moyenne. Par exemple, les bénéficiaires sont en hausse importante à Montréal-Nord (+44%), Terrebonne (+43%), Verdun (+49%) et Montréal-Est (+44%).

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