Montréal: les élus ciblés nient en bloc

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Montréal: les élus ciblés nient en bloc

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Cosmo Maciocia, maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et membre du comité exécutif de la Ville de Montréal (à gauche) et Sammy Forcillo, conseiller de Sainte-Marie-Saint-Jacques et vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal.

Photos: La Presse

André Noël
La Presse

Deux membres du comité exécutif de la Ville de Montréal, Sammy Forcillo et Cosmo Maciocia, ont indiqué hier que c'est leur nom qui a été évoqué dans une présumée tentative d'extorsion, portant sur un contrat de 10,6 millions pour la réfection du toit et des mansardes de l'hôtel de ville.

La Presse a révélé, hier, que la Sûreté du Québec a ouvert une enquête sur cette possible tentative d'extorsion et de corruption par un membre important du crime organisé. L'entrepreneur qui a obtenu le contrat de réfection, Paul Sauvé, affirme qu'un membre du crime organisé lui a demandé 40 000 $, une somme qui aurait été destinée à deux élus du maire Gérald Tremblay. Il n'a pas payé la somme.

En échange de l'argent, M. Sauvé a compris qu'il obtiendrait l'assurance que son entreprise, LM Sauvé, pourrait continuer à travailler sur le chantier et à être payée par la Ville tous les mois, tel que convenu, et ce même si LM Sauvé était en situation de faillite. Il a rapporté cet incident à une réunion de chantier à l'hôtel de ville à la mi-mars.

En fin de journée, hier, Me Claude-Armand Sheppard a envoyé une lettre à l'éditeur de La Presse au nom de ses clients, M. Forcillo, conseiller de Sainte-Marie-Saint-Jacques et vice-président du comité exécutif, et Cosmo Maciocia, maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et lui aussi membre du comité exécutif.

«Afin d'éviter toute ambiguïté, mettre fin aux rumeurs malveillantes et empêcher la circulation d'insinuations diffamatoires, nos clients confirment qu'ils ont appris que c'est leur nom qui aurait été évoqué à tort dans cette prétendue histoire d'extorsion, écrit Me Sheppard. MM. Forcillo et Maciocia affirment qu'ils n'ont été mêlés ni de près ni de loin aux incidents allégués, n'ont aucune connaissance des individus qui auraient prétendu agir en leur nom, et n'ont trempé en aucune façon dans les agissements mentionnés.»

>>> Visionnez le contenu de la lettre. Contrairement aux propos véhiculés hier, il ne s'agit pas d'une mise en demeure, mais bien d'une déclaration.

Corruption dans la construction 

De son côté, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, s'est dite «très préoccupée» par les révélations de La Presse. Elle demande à la police de «faire diligence» et de presser le pas pour aboutir rapidement dans les nombreuses enquêtes amorcées sur Montréal (voir autre texte).

Le maire Gérald Tremblay a déclaré que la corruption dans l'industrie de la construction est un problème connu au Québec, mais que celui-ci n'a rien à voir avec son administration en particulier. «Il y a un problème à Montréal, il y a un problème au Québec, il y a un problème fondamental, et c'est la corruption dans l'industrie de la construction.»

«Ceci est un fait, a-t-il ajouté. Il y a eu une enquête il y a plusieurs décennies avec la CECO (Commission d'enquête sur le crime organisé ; il y a eu aussi une commission d'enquête sur l'industrie de la construction). C'est un fait, mais il faut le prouver...»

«La corruption existe aussi dans le monde municipal», a reconnu le maire, mais il a martelé qu'il s'employait à la combattre depuis son élection, il y a huit ans.

«Je ne dis rien qui n'est pas connu, qui n'est pas insinué dans le monde municipal, a-t-il dit. Ça fait des décennies qu'on dit la même chose dans le monde municipal. Alors, partant de là, à partir du moment où j'ai été informé qu'il y avait des enveloppes brunes qui circulaient dans le monde municipal, j'ai agi, j'ai assumé mes responsabilités, et l'information qui est disponible maintenant, depuis un certain nombre d'années, c'est grandement dû au fait que j'ai posé des gestes concrets pour faire la lumière sur ces insinuations.»

Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Benoit Labonté, a noté pour sa part que c'est la sixième enquête que la SQ mène sur l'administration municipale ou sur des contrats octroyés par l'administration à des fournisseurs de services depuis l'élection de M. Tremblay. Cela ne s'est jamais vu dans l'histoire de la Ville, a-t-il dit. Le chef du parti Projet Montréal, Richard Bergeron, affirme de son côté que la corruption est bel et bien présente, et qu'elle sera l'objet de débats dans la prochaine campagne électorale.

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