Belvédère du mont Royal: les policiers demandent une barrière

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Le belvédère du mont Royal accueille depuis toujours... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Le belvédère du mont Royal accueille depuis toujours les gens qui veulent admirer le paysage. Les soirs de fin de semaine, cependant, une faune plus tapageuse envahit aussi les lieux.

Photo: Bernard Brault, La Presse

 

Gabriel Béland
La Presse

Passé l'heure de fermeture des parcs, il y a tant de fêtards rassemblés sur le belvédère du mont Royal que la police a du mal à les déloger. À tel point que la police de Montréal a proposé aux autorités d'installer une barrière pour en limiter l'accès après 23h.

Le parc de stationnement situé sur la voie Camillien-Houde accueille depuis toujours les amoureux en quête d'un premier baiser ou les jeunes venus fêter toute la nuit la fin de leurs études. Mais depuis quelques années, les soirs de fin de semaine, c'est une faune plus tapageuse qui envahit les lieux, note le commandant du poste de quartier 20, Gino Dubé.

Selon lui, plusieurs personnes se rendent au belvédère pour admirer le paysage. Mais une fois la nuit tombée, des jeunes se regroupent autour de leurs voitures et écoutent de la musique tout en buvant de la bière. Après l'heure de fermeture du parc du Mont-Royal, ils refusent souvent de quitter les lieux.

«Il est parfois arrivé qu'un véhicule de patrouille arrive au belvédère dans la nuit, après les heures de fermeture, et qu'il y ait une cinquantaine de voitures et une centaine de personnes rassemblées. Les gens se mettent à crier : "On veut rester, ne nous mettez pas dehors." C'est intimidant pour deux policiers. Ils doivent appeler du renfort, et c'est plus long.

«On n'a jamais eu peur d'intervenir, précise le commandant Dubé, ce n'est pas un ghetto. Mais disons que c'est un gros inconvénient pour nos patrouilleurs.»

Une barrière en renfort?

Lors de la dernière réunion de la Table de concertation du mont Royal, le 11 décembre dernier, un représentant du poste de quartier 20 a donc proposé d'installer une barrière au belvédère pour empêcher les gens d'y accéder la nuit. Même si la demande avait été reçue plutôt favorablement à la Table, aucune décision n'a été prise. Un comité de réflexion a été créé pour étudier le projet, a précisé un porte-parole de la Ville de Montréal.

«Ce qu'on nous a expliqué à la Table, c'est que le mont Royal est un endroit très sûr, à part le belvédère», a déclaré le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, qui siège à la Table et qui était présent à la réunion du 11 décembre.

M. Ferrandez ne voit d'ailleurs pas d'un mauvais oeil la proposition de la police. «La clôture n'est pas la solution à tous les problèmes, mais les policiers ont un problème bien précis sur les bras, et on doit les aider. Je pense que leur proposition mérite qu'on y réfléchisse.»

Le maire de l'arrondissement, qui appartient au parti Projet Montréal, y voit en outre une manière de réduire la circulation sur la voie Camillien-Houde. Il déplore d'ailleurs depuis plusieurs années le fait qu'il y a «une autoroute

sur la montagne».

«C'est vrai que les touristes fréquentent le belvédère, dit M. Ferrandez. Mais à partir de 23h, c'est une autre clientèle : c'est la petite bière, le petit joint, le gros char et la grosse musique. C'est pas la vue!

«Tous les jeunes se réunissent comme ça dans toutes les villes du monde. C'est normal, précise-t-il. Les jeunes font ça au Dunkin Donuts de Sept-Îles... Mais au mont Royal ? ! Le mont Royal est un lieu patrimonial et ne devrait pas être utilisé pour ça.»

«Regarde comme c'est beau la nuit!»

La Presse s'est rendue au belvédère un vendredi soir après l'heure de fermeture, vers minuit. Une trentaine de voitures étaient garées malgré le mercure qui affichait -20 °C. De certaines s'échappait une musique étouffée dont on entendait surtout la basse. Des jeunes accoudés à une Honda Civic semblaient fumer un joint. Un peu plus loin, un jeune homme se tenait debout à quelques centimètres du poteau portant la pancarte qui rappelle que le stationnement est interdit après 23 h. Il urinait dessus.

Mais sur le bord de la falaise, devant le paysage, Walid Lameu et sa copine, bien emmitouflés dans leur manteau, profitaient du ciel dégagé.

«Moi, je suis venu ici une dizaine de fois pour profiter de la vue, a-t-il raconté entre deux bouffées de cigarette. C'est tranquille et c'est joli.»

Le mécanicien de 20 ans a dit ignorer que le lieu était fermé après 23h.

«C'est sûr que j'ai déjà vu des joints et de la bière ici. La musique est trop forte parfois, mais rien de trop grave. Ce serait dommage qu'ils mettent des clôtures, sérieusement. Regarde comme c'est beau la nuit !» a-t-il lâché en montrant les lumières de la ville, en contrebas.

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