La STM veut la moitié des revenus des péages

«Le problème d'un péage comme sur le pont... (Photo: André Pichette, Archives La Presse)

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«Le problème d'un péage comme sur le pont Champlain, c'était une infrastructure nationale payée par les impôts de tous les Canadiens qui deviendrait presque locale, parce que payée presque exclusivement par les gens de la Rive-Sud. Il faut être très prudent», a tenu à dire M. Labrecque.

Photo: André Pichette, Archives La Presse

Pierre-André Normandin

Pierre-André Normandin
La Presse

Jugeant désormais «inévitable» le retour des péages, la Société de transport de Montréal demande à en recevoir la moitié des revenus. Son président, Michel Labrecque, croit également que le système doit être étendu à tout le réseau et non seulement à quelques axes routiers.

«Si 100% des sommes retournent dans le réseau routier, d'un point de vue de transporteur public, ce n'est pas une bonne idée», a plaidé M. Labrecque lors d'un point de presse, hier. Celui-ci estime que la moitié des revenus devrait servir au transport collectif et l'autre moitié à l'entretien du réseau routier.

L'idée semble d'ailleurs faire son chemin dans la population. Selon un sondage Léger Marketing mené pour le comte de Radio-Canada, 69% des 501 résidants de la région montréalaise interrogés se disent favorables au retour du péage. De plus, 43% des répondants estiment qu'au moins la moitié des fonds récoltés devrait aller au transport en commun. Seulement 7% jugent que les revenus ne devraient pas servir au transport collectif.

Saluant les résultats de ce sondage, Michel Labrecque ajoute que la tarification sur de l'utilisation des routes doit s'étendre à tout le réseau et non seulement aux nouvelles constructions, comme c'est présentement le cas avec le pont de la A-25 et le futur pont Champlain. «Ça prend des péages qui couvrent l'ensemble du réseau routier et des routes nationales pour que ça se tienne et pour pas que des secteurs soient pénalisés par rapport à d'autres», a précisé Michel Labrecque.

Le président du conseil d'administration de la STM voit également un danger à ce que le péage sur le futur pont Champlain serve à en payer la construction. «Le problème d'un péage comme sur le pont Champlain, c'était une infrastructure nationale payée par les impôts de tous les Canadiens qui deviendrait presque locale, parce que payée presque exclusivement par les gens de la Rive-Sud. Il faut être très prudent», a tenu à dire M. Labrecque.

Questionné sur l'idée d'un péage régional réclamé depuis plusieurs années par la Ville de Montréal, le député Guy Ouellet, adjoint parlementaire au ministre des Transports, a jugé «prématuré de regarder tout ça».

Le responsable des transports au sein de l'administration du maire Tremblay, Michel Bissonnet, se montre néanmoins sûr de voir l'idée du péage régional progresser en 2012. «Le péage régional devra revenir incessamment», estime l'élu municipal. L'argent ainsi récolté devrait servir tant à entretenir le réseau routier qu'à financer le transport en commun.

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