Les Cowboys fringants veulent camper le décor

«J'utilise beaucoup les lieux pour planter le décor... (Photo: David Boily, La Presse)

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«J'utilise beaucoup les lieux pour planter le décor de mes chansons. Le lieu est omniprésent puisque je raconte des histoires», raconte Jean-François Pauzé, le parolier des Cowboys fringants.

Photo: David Boily, La Presse

Marie-Christine Blais
La Presse

C'est dans un avion, de retour d'Europe, que Jean-François Pauzé, parolier des Cowboys Fringants, a répondu à nos questions sur les chansons qui traitent du Québec. Réponses envoyées par internet par un gars qui écrit sur Repentigny, Montréal, le Québec, le pays et la planète.

Q: Dans l'ensemble des chansons que tu as écrites, les lieux où tu as vécu - en fait, les lieux en général - sont une source d'inspiration manifeste. Pourquoi?

R: Ça vient spontanément. On a tous des souvenirs d'enfance ou de peine d'amour rattachés intimement à une rue, à un quartier, à un bar, à une ville, etc. Quand on est vivant, on est nécessairement quelque part et on vit des choses dans des lieux. J'utilise beaucoup les lieux pour planter le décor de mes chansons: le lieu est omniprésent puisque je raconte des histoires. Mais bon, à une certaine époque de notre carrière - nous sommes rendus vieux (!) -, il y avait peut-être une surutilisation des noms de villes. Je crois que Trois-Rivières est nommé dans quatre de nos chansons. C'est une vieille blague dans le groupe que de dire: "S'il te manque une rime en "ère", arrange-toi pour que l'histoire se passe à Trois-Rivières."?»

Q: As-tu l'impression qu'il y a une forme d'obligation pour un auteur-compositeur québécois de parler de son pays dans ses chansons?

R: Non. Tout dépend de la démarche de chacun. Pour ma part, c'est important de parler de mon pays parce que j'écris des histoires en plus de faire des critiques sociales. En tant qu'auteur qui tente d'être le plus fédérateur possible, je dois trouver des filons qui sauront toucher les gens. La plupart du temps, le pays est la base de ce côté rassembleur. Qu'on demeure à Terrebonne ou à Gaspé, nous serons nécessairement plus touchés par les coupes à blanc en Abitibi ou par l'effondrement d'un pont à Laval que par des histoires similaires qui arriveraient au Gabon. Pour moi, il est donc plus honnête de parler de ce que je connais.

Q: Y a-t-il une chanson qui parle d'un coin du Québec que tu aimes particulièrement?

R: La chanson Montréal de Beau Dommage. Je dois avouer m'en être inspiré à l'époque pour écrire Banlieue (album Sur mon canapé, 1998) et en faire son pendant banlieusard. Sinon, il y en a plusieurs autres, comme Et j'ai couché dans mon char de Desjardins, Jonquière de Plume et Si j'avais un char de Faulkner, toutes des chansons qui me faisaient rêver de prendre la route et de sillonner le Québec à une époque où le groupe n'était connu qu'à Repentigny.

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