«C'est un abus de pouvoir et de moyens juridiques pour nous retirer nos droits et libertés. Nous avons le droit de dire à la population qu'on existe», dénonce le président du syndicat, Raynald Leblanc.
L'an dernier, une centaine de syndiqués du Journal de Montréal avaient pacifiquement distribué des tracts aux artistes qui défilaient sur le tapis rouge pour les sensibiliser au conflit de travail qui dure depuis maintenant 15 mois. Pour le syndicat, l'interdiction de manifester à l'extérieur du gala constitue une perte de visibilité considérable.
Deux injonctions émises en juin et en décembre 2009 interdisent aux syndiqués de se trouver sur la propriété de toutes les filiales et divisions de Quebecor Media ainsi que sur celles des annonceurs. S'ils veulent manifester, ils doivent se trouver à au moins 50 mètres de ces établissements et être au plus deux personnes.
Dans sa mise en demeure, Quebecor affirme que le diffuseur (TVA) et les producteurs du Gala Artis 2010 sont des «clients-annonceurs» du Journal de Montréal, et qu'en conséquence, l'une des injonctions s'applique.
«Le Monument-National, la rue Saint-Laurent et les artistes en nomination ne sont pas des propriétés de Quebecor», a fait valoir Raynald Leblanc, ajoutant que le syndicat comptait être présent dimanche en marge du tapis rouge. «Pour nous, on s'en va manifester devant notre patron, pas devant un annonceur. Quebecor ne peut pas choisir d'être parfois un patron et d'autres fois un annonceur parce que ça l'arrange.»
Au moment de mettre sous presse, hier, le porte-parole de Quebecor, Serge Sasseville, n'avait pas répondu à notre appel ni à notre courriel.
Selon Raynald Leblanc, les négociations sont présentement rompues entre Quebecor et le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal. En février, le syndicat a demandé au ministre du Travail d'attitrer un médiateur spécial au dossier. Pour l'instant, le gouvernement a nommé un conciliateur.










