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Un village ivoirien réclame le corps de Michael Jackson

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Un village ivoirien réclame le corps de Michael Jackson

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Une jeune fille du village de Krindjabo tient un CD de Michael Jackson.

Photo: AFP

Agence France-Presse
Krindjabo

«Il était notre fils, nous réclamons son corps»: les notables de Krindjabo, capitale du royaume du Sanwi, dans le sud-est ivoirien, demandent que Michael Jackson soit enterré dans ce village qu'il avait visité en 1992 et où il avait été intronisé «prince».

«Nous réclamons que son corps arrive pour qu'il soit enterré dignement à Krindjabo», explique à l'AFP Ahissan Nogbou, porte-parole du roi des Sanwi, un royaume des Akan, grand groupe ethnique qui s'étend de la Côte d'Ivoire au Togo.

Alors qu'aux États-Unis l'incertitude règne sur la destination de la dépouille de la star décédée le 25 juin à Los Angeles - l'hypothèse Krindjabo apparaissant toutefois des plus improbables - le notable ivoirien ne veut pas croire que le corps puisse être transféré ailleurs qu'au village.

«Ce serait une honte, car dans la tradition akan un prince est toujours enterré chez lui», fait-il valoir, drapé d'un pagne noir, couleur du deuil, sous le regard du roi Amon N'douffou V qui, selon la coutume, ne parle jamais en public.

Le 13 février 1992, le chanteur de Thriller, en tournée sur le continent africain, était venu dans ce gros village au coeur de la forêt pour retrouver ses racines africaines.

Tano Koutoua, un planteur octogénaire, faisait partie des notables qui avaient participé à l'événement, sous l'égide du roi précédent, Amon N'Douffou IV.

«Son séjour dura 30 minutes. Il avait été couronné Amalaman Anoh, du nom d'un ancien prince du royaume, sous l'arbre à palabres» qui se dresse majestueusement au milieu du village, se souvient M. Koutoua, une photo de la cérémonie à la main.

Michael Jackson «avait expliqué à l'assistance que ses origines proviendraient de ce royaume Sanwi, avant de dire merci en langue agni (ethnie locale)», raconte-t-il, disant pleurer «un enfant du village».

Collégien à l'époque, Fulbert N'Douba, 30 ans, se rappelle que la superstar avait promis «la construction d'un foyer de jeunes qui devait être une pépinière des vedettes de la chanson».

Las, «le projet n'a pu être réalisé en raison de la politique destructrice des fils du terroir», se lamente M. N'Douba, désignant les quatre hectares de terrain réservés, désormais envahis par les herbes.

Selon lui, l'artiste avait été déçu par la suite de recevoir dans son ranch californien de Neverland, pour évoquer le projet, «une délégation de notables autre que celle qui l'avait accueillie en Côte d'Ivoire».

Pour l'heure, les habitants du village ont décidé cependant de mettre en sourdine leurs querelles pour rendre un hommage princier au «roi de la pop».

La Mutuelle des originaires du canton de Krindjabo, association des cadres de la localité, a annoncé mardi la mort du «fils adoptif» dans la rubrique nécrologique du journal pro-gouvernemental, Fraternité-Matin.

Un comité travaille sur le programme de la cérémonie, qui comprendrait une exposition de photographies et d'oeuvres discographiques dans la grande cour royale.

L'un des temps forts devrait être une parade de sosies de Michael Jackson sur la place principale du village. Et une causerie-débat sur «l'influence de l'artiste sur la musique du XXe siècle» réunira journalistes et musicologues.

Mais malgré l'hommage prévu, les villageois expriment d'une même voix un regret. «Michael Jackson est mort sans laisser aucun souvenir dans son village», déplore une vieille dame, Thérèse Somian Affala.

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