Julien Doré à L'Astral: Mister Attitude

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Julien Doré

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Julien Doré en spectacle au Festival de Jazz de Nice en juillet dernier.

Photo: AFP, archives

Alexandre Vigneault
La Presse

Le «phénomène» français Julien Doré a fait un saut de puce à Québec l'an dernier, mais seulement le temps d'une chanson. Puisqu'il était programmé en tête d'affiche vendredi et samedi à L'Astral, on peut se permettre d'affirmer que c'est à l'occasion des FrancoFolies qu'il a fait ses véritables débuts de ce côté-ci de l'Atlantique.

Star en France, où son album Ersatz s'est vendu comme des petits pains, l'idole instantanée (il est issu d'un concours à la Canadian Idol) concluait une longue tournée. «Nos familles ne sont pas venues. Heureusement vous êtes là», a-t-il dit samedi soir aux quelque 300 personnes venues l'entendre et le voir en chair, en os et en cheveux.  

Julien Doré, c'est d'abord une affaire d'attitude, ai-je pu constater lors de ma relativement brève escale à son spectacle. Il a commencé son spectacle dos au public, comme le jeune Jim Morrison. Une cymbale dans chaque main,  il les a frappées les unes contre les autres en sautant sur scène, alors que son groupe amorçait une version passablement rock de Piano Lys.

 

L'entrée en matière est révélatrice du côté tape à l'il du jeune chanteur. Julien Doré, c'est Mister Attitude: mi-rockeur désabusé, mi crooner désaxé, il s'affiche sur scène avec une guitare électrique dont la bandoulière est décorée d'une touffe de minou lilas. Son groupe est à l'avenant: des gars bien habillés affectant un air indifférent. Bref, tout ce beau monde se donne un genre.

 

Et derrière l'image? Un groupe capable de faire joli, qui aime rocker et même faire du bruit, mais sans être toujours convaincant. Le jeu du bassiste s'est notamment révélé particulièrement ordinaire au début du spectacle. Quant aux chanteur, il possède effectivement un je ne sais quoi de magnétique et impressionne lorsqu'il troque sa voix nasillarde pour une puissante voix de fausset.

 

Julien Doré, qui s'est fait connaître à la télé avec des reprises décalées de grands succès parfois quétaines s'est permis des clins d'il au concours qui l'a rendu célèbre. Il a entonné quelques phrases d'une chanson popularisée par Dalida (Volare Cantare) et a même fait un bout de Moi, Lolita que son batteur s'est vite chargé de faire dérailler. C'était sans doute une manière pour le chanteur de prendre ses distances avec le concours qui l'a révélé.

 

De mon arrêt à son concert, je retiens Acacia, où il a retrouvé toute la palette de nuances avec laquelle il joue sur disque, et Les limites, un rock ludique et bien envoyé. Et l'attitude.

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