C'est un très beau disque. Ici, rien de ce côté intimiste, plus schubertien que beethovénien, qui caractérise habituellement le piano du jeune Fellner, rien de cette espèce d'indifférence avec laquelle Nagano aborde trop souvent la musique romantique allemande, rien non plus de ces problèmes d'acoustique qui affectent, à des degrés variables, l'audition d'un concert de l'OSM à la salle Wilfrid-Pelletier.
Clarté et fermeté du jeu, présence et concentration, pensée et émotion: toutes ces qualités sont réunies à chaque instant chez le génial Fellner. Nagano et l'OSM dialoguent avec lui comme en musique de chambre: on entend tous les détails de contrepoint et les moindres interventions instrumentales, sans jamais perdre la ligne de l'instrument soliste. Bref, on entend tout et tout est ici d'une extraordinaire beauté, à commencer par le son du piano, cristallin et musclé, et manifestement trié sur le volet.
«Concert recording», indique la pochette (anglaise et allemande, sans un mot de français). Curieusement, aucun bruit de salle ne trouble le déroulement musical, le plus parfait silence règne entre les mouvements et il n'y a pas d'applaudissements après les concertos.
BEETHOVEN:
CONCERTOS POUR PIANONOS 4 ET 5.
TILL FELLNER, PIANISTE,
OSM, DIR. KENT NAGANO
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