Gonjasufi: déroutant et marquant ****

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Paul Journet
La Presse

A Sufi and a Killer est un disque étourdissant. On se demande sous quel angle l'aborder. Il y a la musique, inventive. On entend des beats électro (production Gaslamp Killer et Mainframe avec aussi Flying Lotus), de la soul éthérée, des berceuses psychédéliques, du hip-hop vaporeux, des pincées de jazz et de forts effluves du Moyen-Orient. Le tout est magnifié par des textures sonores sales et poussiéreuses.

Il y a aussi la voix, parfois de fausset illuminé, parfois grave et fantomatique. On dirait 19 pièces hallucinées dans le désert. Voilà pour ce qu'on entend. Mais il faut aussi parler de l'homme derrière la voix, Sumach Ecks. C'est grâce au yoga que ce résidant de San Diego a appris à projeter sa voix sans effort.

Il est d'ailleurs un yogi, en plus d'être rappeur et mystique à ses heures. Ecks a abandonné l'herbe interdite pour pondre ce premier disque avec l'étiquette Warp. Même si le résultat est éclaté, il n'est pas indigeste. Gonjasufi distille toutes ces influences pour extraire un suc singulier et hautement tripatif.

Chaque écoute en révèle de nouveaux détails. Une parfaite trame sonore au réveil du printemps.

Extrait: Ancestors

GONJASUFI

A SUFI AND A KILLER ****

Maison de disque: WARP

 

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