Dumas au National : la barre est haute

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Dumas sur la scène du National hier chantant... (Photo: François Roy, La Presse)

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Dumas sur la scène du National hier chantant Je ne sais pas. Une soirée électrisante, un passage du studio à la scène réussi.

Photo: François Roy, La Presse

Alain de Repentigny
La Presse

Dumas a lancé de superbe façon l'année rock à Montréal, hier soir au National. Un spectacle électrisant - et très électrique -, rassembleur, intense comme c'est pas permis, sans répit aucun et qui, en plus, fait chaud au coeur. Que demander de plus?

À 30 ans, Dumas a atteint une maturité étonnante qui s'est traduite par une fournée de cinq albums en un an. Il remplacerait la moitié des chansons de son spectacle par d'autres compositions de son cru que ça serait tout aussi bon. Hier, il a revisité tout son répertoire, depuis la rockeuse Miss Ecstasy jusqu'à la magnifiquement beatlesque 13, du plus récent album Traces, en passant par la chanson thème du film Les aimants, Tu m'aimes ou tu mens. Mais c'est quand il s'est lancé tête première dans ses plus récentes chansons que son très bon concert est devenu exceptionnel.

Dumas et ses excellents musiciens - la très solide section rythmique formée de Marc-André Larocque et Alexandre Dumas et l'extraordinaire guitariste Jocelyn Tellier - ont démarré en lion. Sitôt le thème orchestral de Rouge terminé, ils ont mixé Transsibérien Express avec Mes révolutions, au grand plaisir de tous les amateurs de riff-rock mélodique. Les bonnes chansons se sont enchaînées, la chorale, majoritairement féminine, du National s'est manifestée pendant Je ne sais pas et J'erre, mais la tension a véritablement grimpé de quelques crans quand Dumas nous a servi coup sur coup l'instrumentale Capitale du monde, très David Bowie avec une touche de dub, la superbe Berlin (le monsieur a de la suite dans les idées...) dans laquelle il a poussé sa voix à l'avant-plan, la ballade Le futur et son irrésistible crescendo de guitares mordantes puis Un jour sur terre, ponctuée par un autre duo/duel de guitares Dumas-Tellier.

Nébuleuse a suivi, précédée d'une fort belle intro où le public tapait des mains sur un rythme à la Let's All Chant du Michael Zaeger Band - Dumas devait avoir 1 an à l'époque? - et deux chansons plus tard, il a marié habilement la version parfaitement pop de Le bonheur, telle qu'entendue sur Traces, avec celle d'origine aux couleurs dub. Au rappel, Dumas est revenu chanter seul avec sa guitare acoustique puis la soirée s'est terminée la pédale au plancher avec Vénus et Passer à l'ouest.

Pour 2010, je nous souhaite que les très bons albums québécois de l'automne dernier (Trois Accords, Vallières, Chloé Sainte-Marie, Elisapie Isaac) passent aussi bien du disque à la scène. Chose certaine, depuis hier, la barre est haute!

Dumas est au National jusqu'à samedi et on annonce des supplémentaires les 6, 7, 8 mai. Courez-y!

 

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