Miró: la puissance

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Une extraordinaire puissance de jeu a caractérisé la... (Photo: fournie par Miró)

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Une extraordinaire puissance de jeu a caractérisé la prestation du Quatuor à cordes Miró.

Photo: fournie par Miró

Claude Gingras
La Presse

Le jeune Quatuor à cordes Miró, des États-Unis, en était hier à son troisième engagement au LMMC. Il s'adjoignait cette fois le pianiste israélien Shai Wosner pour la présentation de deux sommets du répertoire piano et cordes, soit l'op. 44 de Schumann et l'op. 81 de Dvorak. Le programme entier était des plus substantiels, s'ouvrant par l'un des derniers et prophétiques Quatuors de Beethoven, l'op. 135.

Une extraordinaire puissance de jeu caractérisa cette prestation de plus de deux heures, livrée au milieu de problèmes d'éclairage assez fréquents à Pollack. Le Miró projette une sonorité forte et unifiée où le détail reste toujours en relief. On entend ainsi chacun des quatre coéquipiers tirer pleinement parti de tout ce qui lui est destiné, autant l'agissant second-violon (qui est féminin) et l'alto au son troublant que le premier-violon, brillant par sa justesse, et le violoncelle à la présence de soliste.

L'op. 135 de Beethoven offrait un fort contraste entre une approche très légère du Scherzo (marqué «vivace») et un mouvement lent très sombre et soutenu, puis un autre contraste encore, au fameux finale «existentiel» opposant éloquemment l'aigu des deux violons aux cordes graves.

La puissance caractérise également le jeu du pianiste invité Shai Wosner, impeccable technicien et magnifique musicien qu'on aimerait entendre en récital. Il se révéla, constamment et à tous égards, en parfait accord avec le quatuor, si bien que l'impression était d'entendre un quintette de longue assiduité.

Ainsi abordé, l'op. 44 de Schumann s'affirmait de nouveau comme l'un des chefs-d'oeuvre absolus de la musique de chambre. L'op. 81 de Dvorak n'est pas tout à fait du même niveau. Les musiciens en ont livré une exécution quelque peu survoltée. Pas nécessaire d'en mettre tant, me disais-je. Mais la salle a réagi avec un tel enthousiasme que le Scherzo dut être bissé.

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QUATUOR À CORDES MIRÓ - Daniel Ching et Sandy Yamamoto (violons), John Largess (alto) et Joshua Gindele (violoncelle) - et SHAI WOSNER, pianiste. Hier après-midi, Pollack Hall de l'Université McGill. Présentation : Ladies' Morning Musical Club.

Programme : Quatuor no 16, en fa majeur, op. 135 (1826) - Beethoven Quintette en mi bémol majeur, op. 44 (1842) - Schumann Quintette no 2, en la majeur, op. 81, B. 155 (1885) - Dvorak

 

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