Tel qu'indiqué dans le programme, Ehnes jouait sur le Stradivarius «Marsick» de 1715 dont il a l'usage depuis une dizaine d'années. Il en a tiré une sonorité d'une beauté que les mots sont impuissants à décrire. Il a aussi traversé son programme entier avec la plus entière maîtrise : intonation irréprochable, articulation très nette, musicalité toujours en éveil, imagination dans le phrasé.
À ces absolus s'en greffait un autre: on dirait qu'une personnalité commence enfin à s'affirmer chez ce produit du Canada anglais encore un peu timide à 34 ans. Le pianiste jouait d'égal à égal avec le violoniste, comme un vrai chambriste, ce qui nous valut un dialogue continuellement stimulant, une Sonate op. 105 de Schumann fine et intérieure et une Kreutzer de Beethoven dramatique, à l'aigu pénétrant.
Entre les deux romantiques, Ehnes avait placé la troisième Partita pour violon seul de Bach, qu'il exécuta de mémoire, sans la moindre erreur, et en marquant bien les différences de dynamique («piano»/»forte»), qui sont de Bach lui-même.
Les trois oeuvres étaient données avec toutes les reprises et les deux rappels étaient de Fritz Kreisler : Lotus Land (d'après Cyril Scott) et Tambourin chinois.
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JAMES EHNES, violoniste, et ANDREW ARMSTRONG, pianiste. Hier après-midi, Pollack Hall de l'Université McGill. Présentation : Ladies' Morning Musical Club. Programme : Sonate no 1, en la mineur, op. 105 (1851) - Schumann Partita pour violon seul no 3, en mi majeur, BWV 1006 (c.1720) - Bach Sonate no 9, en la majeur, op. 47 (Kreutzer) (1803) - Beethoven










