Soudain, le décor s'ouvre et devient un véritable cadre ludique, troué, plié et déplié au gré des situations. On reconnaît l'inspiration, La face cachée de la lune, et on est confronté au même type de situations sans issue, de rendez-vous manqués et d'appels téléphoniques successifs ou détraqués.
Harwan, par exemple, prend l'avion pour retrouver Robert Lepage à Saint-Pétersbourg, mais quand il débarque en Russie, celui-ci est déjà reparti vers les États-Unis.
Texte poétique
Quelques références discrètes au ludisme de l'utilisation des objets dans le théâtre de Robert Lepage, mais une poésie scénique beaucoup plus près des mots et du récit narratif si cher à Mouawad. Le tout passe bien, mais n'est pas toujours totalement maîtrisé, notamment pour certaines transitions qui auraient mérité d'être davantage soulignées par la scénographie, ne serait-ce que par l'éclairage.
Le spectacle contient toutefois de magnifiques métaphores sur les étoiles filantes, ces guerrières qui sauvent le monde en se lançant dans le vide, ou encore sur l'homme primitif en chacun de nous, et sur les couleurs que l'artiste s'amuse à étaler sur le décor et sur le plateau pendant près d'une demi-heure avant de reprendre, à sa manière, la Joconde animée de Lepage.
Seuls a été créé à l'Espace Malraux à Chambéry en mars dernier, et inaugurera la prochaine saison du Théâtre d'Aujourd'hui à Montréal, avant d'être présenté à Ottawa, puis de nouveau en France de novembre à janvier.








