Des sièges vides à Montréal

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Nathaëlle Morissette
La Presse

Début d'automne difficile pour plusieurs salles de spectacles montréalaises où le nombre de billets vendus au guichet a nettement diminué par rapport à l'an dernier. Musique, théâtre, opéra, arts du cirque: dans presque toutes les disciplines, les sièges vides démontrent que la crise économique frappe aussi l'industrie culturelle.

Michel Sabourin, propriétaire du Club Soda, était sans doute heureux de tourner la page de son calendrier hier. La salle de spectacle qu'il dirige au coin du boulevard Saint-Laurent et de la rue Sainte-Catherine a connu un mois de septembre difficile. Le Club Soda a accueilli un peu plus de 6300 spectateurs au cours du mois par rapport à 10 020 au cours de la même période l'an dernier: une baisse de 37 %. En 2007, quelque 9500 personnes avaient franchi les portes de la salle et ils étaient 12 800 en 2006.

Cette année, Michel Sabourin a dû annuler trois spectacles, faute de billets vendus. «On s'aperçoit que le booking de la salle est un peu au ralenti, mentionne-t-il. On sent les producteurs frileux. Et il y a certainement un lien avec la crise.»

Les temps sont plus difficiles également du côté de la Tohu. «L'achat de billets individuels se fait à la dernière minute, observe Stéphane Lavoie, directeur général de la Tohu. Les gens prennent moins le risque d'acheter à l'avance.»

M. Lavoie remarque avec désolation que ses salles ne se remplissent pas toutes. «Un siège non vendu, c'est une perte nette.» En théâtre, l'Espace Go parle aussi d'un «ralentissement» du côté de la vente de billets à la carte. «C'est plus difficile que l'an dernier», admet Luc Chauvette, directeur des communications et du marketing. Le nombre d'abonnements, qui s'élève à 1500, est toutefois resté stable par rapport à l'an dernier.

Mauvaises nouvelles également du côté de l'Opéra de Montréal, où on enregistre une baisse de 5 % des ventes de billets par rapport à septembre 2008. Les abonnements ont aussi diminué dans les mêmes proportions.

La crise économique n'a toutefois pas affecté toutes les salles. Au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), par exemple, le porte-parole, Loui Mauffette, assure qu'aucun ralentissement ne s'est fait sentir jusqu'à maintenant.

Par ailleurs, l'industrie cinématographique semble avoir le vent dans les voiles. En date du 24 septembre, on notait une hausse de 8,2 % des ventes au guichet par rapport à l'an dernier, selon les chiffres fournis par Cinéac, la firme qui compile les entrées des cinémas de la province. Les billets de cinéma étant moins chers qu'une entrée au théâtre ou à l'opéra, les gens qui surveillent leur budget peuvent être davantage portés à opter pour ce genre de sortie.

 

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