Festival Orgue et couleurs : à la découverte de Victoire Du Sault

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Festival Orgue et couleurs : à la découverte de Victoire Du Sault

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L'historienne et conteuse Pauline Gill, en costume d'époque, samedi soir à l'église Saint-Nom-de-Jésus.

Photo: François Roy, La Presse

Claude Gingras
La Presse

Le festival Orgue et Couleurs fêtait samedi son 10e anniversaire et le 125e du quartier Maisonneuve - où il est établi - par une soirée à caractère historique qui offrait assez d'intérêt pour déplacer 500 personnes, dont la députée du coin, Louise Harel.

Présenté dans le cadre spectaculaire de l'église Saint-Nom-de-Jésus, le programme, conçu par Lorraine Beaudry, mettait en scène une certaine Victoire Du Sault (1845-1908), dont on dit qu'elle fut la première femme à exercer le métier de cordonnier au Canada et qui fut la mère des riches frères Dufresne, dont le «château» est l'une des attractions du quartier.

 

Madame Victoire était personnifiée par l'historienne et conteuse Pauline Gill, qui a fait beaucoup de recherches sur son héroïne et en a relaté la vie avec une telle vérité - dans l'écriture et dans la diction - que l'on croyait avoir devant soi le personnage lui-même. Tout était dit de mémoire et on ne perdait pas un mot. Les cinq interventions de Mme Gill découvraient notre Victoire à différents moments de son existence: la jeune femme d'affaires, la mère de famille, l'amoureuse, l'être frappé par la maladie et condamné à mourir. Interprète autant qu'écrivain, Mme Gill empruntait la voix qui convenait à chacune des situations.

Les cinq étapes étaient assorties de prestations musicales offertes par des artistes qui sont nés dans le quartier ou y ont élu domicile. Le lien entre texte et musique était souvent bien approximatif cependant. Il était même assez gênant de voir Marc Hervieux et Chantal Lambert jouer à fond une scène de Carmen en pleine église.

Quoi qu'il en soit, Hervieux fit trembler les murs avec sa voix de stentor (et s'embourba à la fin), la souriante Chantal sait encore chanter, le Quatuor Molinari fut percutant dans deux mouvements de Schnittke et le quatuor de La Nef illustra par des musiques grecques les voyages de notre Victoire. Deux organistes complétaient l'affiche. Là-haut, Dominique Lupien improvisa discrètement sur le récit de Mme Gill. Depuis la seule console de choeur, face au public, Mélanie Barney fit sonner en même temps les deux orgues de SNJ dans la célèbre Toccata et Fugue en ré mineur de Bach.

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«UN QUARTIER, UN FESTIVAL, UNE HISTOIRE!» Samedi soir, église Saint-Nom-de-Jésus. Festival Orgue et Couleurs.

 

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