Evelyne de la Chenelière et la dramaturgie québécoise

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Évelyne de la Chenelière    ... (Photo: Robert Mailloux, La Presse)

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Évelyne de la Chenelière

Photo: Robert Mailloux, La Presse

 

Marie-Claude Girard
La Presse

- Est-ce plus facile d'être dramaturge au Québec aujourd'hui?

«Je ne pense pas que ce soit facile d'être dramaturge nulle part. L'écriture, c'est un acte qui est exigeant. C'est quelque chose qui se fait dans le temps. Et on est à l'ère de l'immédiateté; alors il y a un paradoxe. Je ne crois pas qu'on peut devenir d'une manière fulgurante et immédiate un auteur ou un dramaturge. (...) Après ça, est-ce que c'est facile d'en vivre? On sait que non. Très peu de dramaturges vivent de leur plume, au Québec en tout cas. (ndlr: elle-même arrive à vivre du théâtre, en combinant son métier de comédienne et d'auteure.) Le théâtre demeure quand même un médium où assez simplement, de façon heureuse et sans grand moyen, un texte peut être porté à la scène et parfois donner un spectacle important même si c'est un petit évènement en termes de coûts de production. Je crois que c'est quelque chose de réjouissant. - Est-ce que des choses ont changé dans l'environnement de travail depuis 10 ans?

J'ai l'impression qu'il y a une valorisation plus grande du texte en général. C'est peut-être le hasard, mais des acteurs qui sont récompensés vont nommer le fait que la base d'une pièce de théâtre, ce sera toujours son texte. J'ai l'impression qu'avant, je l'entendais moins, ou pas beaucoup.

-Est-ce qu'elle se porte bien, la dramaturgie québécoise?

J'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de prise de risques, d'autonomie intellectuelle. Je sens les gens beaucoup moins encombrés de leurs influences, plus libres. C'est l'impression que j'ai quand je rencontre de nouvelles voix.

Une autonomie par rapport au fait que consciemment ou non, on a pu être très influencé par la dramaturgie française, américaine ou celle de Michel Tremblay, par exemple. C'est une très belle influence, mais à un moment donné, il faut s'affranchir. Et avec le programme d'écriture à l'École nationale de théâtre, ceux qui ont la chance d'y participer, quand ils sortent, ils ont une expérience très valable, comparable à plusieurs années. On parle de plumes solides.

- Est-ce que vous avez un dramaturge préféré?

Non! Je suis sensible à des démarches et des langues très différentes, de Normand Chaurette à Marie-Ève Gagnon, par exemple.

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