L'imposture : reconnaissance et complaisance

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Saison théâtrale autome 2009

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Violette Chauveau incarne le personnage central de L'imposture,... (Photo: François Roy, La Presse)

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Violette Chauveau incarne le personnage central de L'imposture, une romancière qui prend de la place, notamment à travers les extraits du roman lus par son fils Léo, interprété par Francis Ducharme.

Photo: François Roy, La Presse

 

Alexandre Vigneault
La Presse

En moins d'une décennie, Evelyne de la Chenelière s'est imposée comme une plume marquante du théâtre québécois contemporain. Son talent, en plus d'être confirmé par la création de sa plus récente pièce au TNM, lui a valu d'être en lice pour deux prix cet automne avec Les pieds des anges: le prix Michel-Tremblay (attribué à René-Daniel Dubois plus tôt cette semaine) et le prix du Gouverneur général (dévoilé mardi).

La dramaturge, qui a déjà remporté le prix du Gouverneur général en 2006 pour Désordre public, entretient une rapport paradoxal avec la reconnaissance. «Indéniablement, c'est quelque chose qui valide, parfois injustement, une démarche, un travail, un effort, convient-elle. Si je prends du recul par rapport à tout ça, je trouve qu'il y a trop de prix, qu'on est trop dans la culture de la récompense et j'ai un grand plaisir à le nommer dans la pièce.»

Dans L'imposture, ses personnages se moquent en effet d'une professeure de cégep qui se faisait un devoir d'aimer tout ce qui est québécois. Sa protagoniste principale, Ève, souligne avec ironie le besoin viscéral de se trouver des «génies» locaux et déplore la tendance à porter aux nues, sans grand discernement, tout ce qui semble un peu neuf.

Un discours qui fait écho à des propos tenus par la dramaturge elle-même dans un texte publié par la revue Arguments en 2007 et dont une version écourtée avait été diffusée par Le Devoir. «Le culte de la nouveauté a l'effet pervers d'en voir même où il n'y en a pas, de confondre l'artiste au nouveau visage et l'artiste au nouveau propos», écrivait l'auteure.

Le pire ennemi de la création, selon elle, est la complaisance. Ce qui l'incitait à lancer ce cri du coeur: «Cessons de démocratiser l'exceptionnel». Deux ans plus tard, elle n'a pas changé d'idée. Et l'imposture dont il est question dans sa plus récente pièce, c'est aussi un peu celle du milieu culturel.

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