L'amour incurable : dans les sentiers battus

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Saison théâtrale hiver 2010

[ Arts ]

Saison théâtrale hiver 2010

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Le metteur en scène Ghyslain Filion et le... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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Le metteur en scène Ghyslain Filion et le comédien Robert Lalonde dans le décor de la pièce de théatre L'amour incurable présentée à l'Espace libre.

Photo: Alain Roberge, La Presse

 

Alexandre Vigneault
La Presse

Elle court, la maladie d'amour, et il arrive que la mort elle-même ne puisse rien contre la force du sentiment amoureux. Louis-Dominique Lavigne, surtout connu pour ses pièces jeune public, s'appuie précisément sur ce genre d'affection inaltérable pour L'amour incurable, son «conte pour adultes» actuellement à l'affiche à l'Espace libre dans une mise en scène de Ghyslain Filion.

Ici, la formule «conte pour adultes» ne doit pas être perçue comme un indice de contenu osé, mais plutôt une indication de la maturité du propos. L'amour incurable parle du legs, de la fratrie, du passage à l'âge adulte et, bien sûr, d'amour, dans la forme d'un véritable conte. Le texte en emprunte les principales caractéristiques aux plans du langage et de la structure, alors que la mise en scène tend périodiquement vers l'onirisme.

La quête, puisque ça en est une, commence à la table familiale. Se sentant malade, peut-être même mourant, un veuf (Robert Lalonde) impose à ses trois fils un jeu «grave»: chacun doit partir de son côté pour lui ramener le plus petit chien du monde et ainsi mettre la main sur l'héritage. Les jeunes hommes s'exécutent, non sans protester, et le récit s'attarde surtout au parcours du benjamin (Étienne Pilon).

Égaré parmi les arbres, celui-ci repère une lumière qui le mène jusqu'à une étrange demeure. La maîtresse de maison est une chatte qui se meut sur ses pattes de derrière et sait parler (Annie Berthiaume). Des mains sans corps y servent des repas apparemment délicieux et le temps y passe à une vitesse folle... comme par enchantement. Envoûté par cet endroit et celle qui l'habite, le jeune homme y reviendra par trois fois, au gré des lubies de son père.

Ghyslain Filion fait preuve de beaucoup de tact dans sa mise en scène. Sa façon de marquer les transitions entre le monde réel et celui du rêve s'avère éloquente et contribue à souligner la forme du récit. Son doigté s'affiche tout particulièrement dans les scènes oniriques où, en s'appuyant essentiellement sur ses comédiens - jeu fluide, gestes ronds, déplacements sinueux - il parvient à installer une atmosphère fantastique.

Même si elle n'est pas sans faille, la distribution (complétée par Sébastien Gauthier, Jean Turcotte, Olyvia Labbé et Sarah Dagenais Hakim) s'avère convaincante. Il est seulement dommage que tous ces efforts aient été mis au service d'un texte somme toute assez mince et qui se montre parfois bavard (les scènes de retrouvailles des trois frères, surtout).

Louis-Dominique Lavigne ose en abordant la forme du conte et en flirtant avec le fantastique, mais son propos ne sort pas des sentiers battus et la finale est malheureusement des plus convenues.

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Jusqu'au 13 février à l'Espace libre.

 

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