Littoral, Incendies et Forêts, les trois pièces qui composent ce voyage-fleuve dans un monde de guerre et d'exil, seront tour à tour à l'affiche jusqu'au 19 septembre.
Mais les amateurs de théâtre les plus passionnés pourront les voir intégralement (onze heures et demie de spectacle!) à deux reprises, les 11 et 18 septembre.
L'oeuvre avait été présentée sous cette forme exigeante en 2009 au festival d'Avignon, dans la cour d'honneur du Palais des papes. A la fois auteur, metteur en scène et comédien, Mouawad était cette année-là l'artiste associé du festival.
Depuis, les 20 comédiens de sa trilogie l'ont présentée à Montréal, Québec et au Japon, un voyage qui se termine à Chaillot, où elle sera présentée pour la dernière fois (et à guichets fermés) dans son intégralité.
La presse ne manquera pas d'attirer l'attention sur ce happening d'une intensité exceptionnelle.
«Il y a du lyrisme, de la poésie, une beauté folle dans ces moments rares qui réunissent, à chaque fois, des centaines de spectateurs tout ensemble éveillés, yeux, oreilles et coeurs grands ouverts», a déjà souligné l'hebdomadaire Le Point.
Objet d'un véritable culte en France chez les jeunes amateurs de théâtre, Wajdi Mouawad est, comme l'a souligné le Journal du dimanche le week-end dernier, «un des plus grands dramaturges du moment». Plus qu'une consécration qui lui est déjà acquise, la programmation de la trilogie à Chaillot marque une étape importante dans la carrière du Québécois, en l'installant plus solidement dans le paysage parisien.
Depuis ses débuts, toutes ses pièces ont été présentées à travers la France et sur la scène nationale du Théâtre 71, de Malakoff, dans l'immédiate banlieue parisienne. En revanche, on n'a presque jamais vu son travail à Paris, à l'exception de Ciels (qui forme avec la trilogie le cycle du «Sang des promesses»), joué il y a quelques mois aux ateliers Berthier, la seconde salle du théâtre de l'Odéon. Cette année, le public parisien a aussi découvert Mouawad l'acteur au Théâtre de la Colline, dans Les Justes, d'Albert Camus, où il donnait la réplique à Emmanuelle Béart.
Le long métrage Incendies, que Denis Villeneuve a tiré de sa pièce, prendra par ailleurs l'affiche dans les salles françaises à la mi-janvier. Le film a fait ses débuts à la Mostra de Venise en fin de semaine dernière, où il a reçu un accueil chaleureux. Il sera présenté en première nord-américaine au Festival du film de Toronto le 13 septembre, et prendra l'affiche au Québec le 17.









