Un tabou difficile à briser

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Un tabou difficile à briser

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Au théâtre, au cinéma ou à la télévision, les rôles féminins se réduisent souvent à la femme de..., la blonde de..., la mère de..., la fille de... Comme dans Les Boys.

Photo: Radio-Canada

Nathaëlle Morissette
La Presse

Le salaire annuel figure sur la liste des sujets tabous peu abordés dans les conversations autour de la machine à café, au même titre que la fréquence des relations sexuelles et le poids. Ainsi, peu de comédiennes osent dénoncer la différence de revenus qui les sépare de leurs collègues masculins.

À preuve, plusieurs artistes femmes se sont montrées réticentes à aborder le sujet lorsque La Presse a voulu les interroger. «J'ai tellement été pénalisée dans le passé parce que j'en ai souvent parlé, confie avec amertume une comédienne d'expérience qui préfère garder l'anonymat. Je l'ai payé cher.»

Ainsi, selon Denise Marleau, présidente du comité des femmes artistes de l'UDA, plusieurs d'entre elles n'osent pas se manifester par peur de perdre des rôles.

«On est à la pige, rappelle la comédienne Geneviève Rioux. Ce n'est pas populaire de se plaindre. Mais je trouve que c'est moins pire qu'avant, souligne-t-elle. Il y a quelques années, il y a des filles qui ne voulaient rien savoir. Celles qui travaillaient beaucoup ne voulaient pas en parler. Celles qui travaillaient moins, qui avaient des chutes dans leur carrière, étaient humiliées, donc elles ne voulaient pas en parler non plus.»

Aujourd'hui, l'UDA encourage ses membres à briser la loi du silence afin qu'ils aient un meilleur pouvoir de négociation. «C'est vrai que les gens ne parlent pas vraiment de ça. Mais on sait que c'est là, admet Pascale Desrochers, alias Louise Pouliot dans Virginie. Dans le métier, on ne connaît pas vraiment le salaire des autres. Et tant que ça reste secret, c'est là qu'on se nuit. Quand tu ne le sais pas que le gars fait 300 $ de plus que toi, tu ne peux pas vraiment chialer.»

Le comédien Marcel Leboeuf, connu pour son personnage de Michel Rivest dans Virginie, abonde dans son sens. S'il appuie les femmes dans leurs revendications pour atteindre l'égalité, il croit aussi que les comédiens devraient parler ouvertement de leur salaire. Rappelons que l'UDA a établi des cachets de base pour les rôles principaux et les seconds rôles. Ceux-ci sont les mêmes pour les hommes et les femmes. Toutefois, les comédiens peuvent négocier un meilleur salaire. «Quand on dit notre salaire, parfois, il y en a qui font des méchants sauts! lance Marcel Leboeuf. Surtout les femmes.»

 

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