Iniquité salariale chez les acteurs : les producteurs impuissants

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Iniquité salariale chez les acteurs : les producteurs impuissants

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Les producteurs sont avant tout à la recherche d'une idée et n'entendent pas changer leurs habitudes malgré un écart important entre le salaire moyen des acteurs et celui des actrices. La télévision québécoise a produit plusieurs émissions où les femmes sont à l'avant-plan, comme La galère (notre photo).

Photo: fournie par la production

Nathaëlle Morissette
La Presse

Qu'il s'agisse des quatre gars des Invincibles ou encore du quatuor féminin de La galère, les producteurs, avant de se préoccuper du sexe de leurs personnages principaux, sont d'abord à la recherche de la meilleure histoire possible. Aussi ils n'entendent pas changer de façon de procéder même si une étude de l'Union des artistes fait état d'un écart important entre le salaire moyen des acteurs et celui des actrices.

La Presse a publié hier des chiffres selon lesquels, en 2008, les comédiennes au Québec ont gagné 77,4 % du revenu moyen de leurs confrères masculins. De plus, elles incarnent moins de personnages d'envergure que les hommes. Si les producteurs ne mettent pas ces données en doute, ils admettent néanmoins que l'égalité dans la distribution des rôles ne compte pas parmi leurs principales préoccupations. Ils assurent pourtant du même souffle avoir à coeur l'équité salariale entre les hommes et les femmes.

«On ne se pose pas de question à savoir si notre héros est un gars ou une fille; je cherche plutôt l'histoire qui va accrocher et qui va intéresser les téléspectateurs», mentionne la présidente de Cirrus Communications, Josée Vallée. Rappelons que cette boîte produit Tout sur moi, Belle-Baie et La galère, des émissions où les femmes sont à l'avant-plan. «Peut-être que j'ai un préjugé favorable et que je ne m'en rends même pas compte», ajoute-t-elle.

À propos de l'idée que les hommes prennent davantage de place au petit écran, la productrice n'est pas de cet avis. «J'avais plutôt l'impression qu'on n'avait pas de rôles masculins très forts présentement au Québec.» Elle estime qu'avec Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Providence et Annie et ses hommes, les femmes ont une place de choix dans l'univers télévisuel.

André Provencher, président de La Presse télé, abonde dans son sens: «La première chose qui nous intéresse, c'est la qualité intrinsèque du projet.» Il croit également que l'ensemble des productions de la compagnie présente une certaine égalité homme-femme. M. Provencher cite notamment l'exemple des Parent, où les rôles principaux sont incarnés par un homme (Daniel Brière) et une femme (Anne Dorval).

Du côté de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ), la présidente, Claire Samson, assure que ses membres sont sensibles à la question de l'équité dans le nombre de rôles attribués. Elle insiste toutefois pour dire que les producteurs seuls ne peuvent régler la situation. «Ce n'est pas nous qui décidons de ce que les réseaux vont diffuser.»

 

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