Les émissions jeunesse québécoises sous-financées

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Les émissions produites au Québec comme Toupie et... (Photo: fournie par Spectra animation)

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Les émissions produites au Québec comme Toupie et Binou risquent d'être de plus en plus rares dans le contexte de financement actuel. 

Photo: fournie par Spectra animation

 

Nathaëlle Morrissette
La Presse

Faute d'argent, des émissions québécoises telles que Toupie et Binou pourraient céder la place à un plus grand nombre de productions jeunesse étrangères comme Dora ou Bob le bricoleur.

C'est ce que craint l'Alliance pour l'enfant et la télévision (AET) à la lumière d'une étude dont il sera question aujourd'hui dans le cadre des consultations menées à Montréal par le Fonds des médias du Canada.

Selon cette étude intitulée The Case for Kids Programming: Children's and Youth Screen-Based Production in Canada, la valeur de la production audiovisuelle pour les jeunes a chuté de 32 % en 10 ans, passant de 389 millions en 1999-2000 à 257 millions en 2007-2008. Résultat: les émissions pour enfants ne composent plus que 12% de l'ensemble de la production canadienne, contre 21% il y a 10 ans.

«S'il n'y a pas davantage d'argent pour nos émissions, on aura sans doute de la difficulté à être en compétition avec Bob l'éponge», illustre Caroline Fortier, directrice exécutive de l'AET, qui a déposé un mémoire auprès du Fonds des médias du Canada, en vue des consultations auprès de l'ensemble des artisans de l'industrie télévisuelle. Celui-ci remplacera à partir du mois de mars le Fonds canadien de télévision, organisme qui finance en partie les projets diffusés au petit écran.

L'étude révèle aussi qu'au Québec, le budget moyen accordé pour ce genre d'émission atteint présentement 79 000 $ pour 30 minutes, contre 97 000 $ en 1999. Du côté anglophone, le budget moyen des émissions pour enfants est actuellement de 324 000 $. D'après l'AET, pour qu'une émission soit concurrentielle sur le marché international, son budget doit au moins atteindre 300 000 $.

Des données BBM sur les cotes d'écoute révèlent que les jeunes Canadiens regardent en moyenne 25 heures de télévision par semaine et passent 30 heures sur les bancs d'école. Or, la baisse des budgets alloués pour produire des émissions s'adressant à eux affecte directement la qualité et le nombre de productions jeune public made in Canada, plaide l'AET dans son mémoire.

Pour éviter que Cornemuse se fasse damer le pion, l'AET et Télé-Québec demandent au Fonds l'obtention d'un financement fixe année après année, proportionnel au poids démographique des jeunes âgés entre 0 et 18 ans. Ceux-ci représentent 24 % de la population au pays.

La présidente de Télé-Québec, Michèle Fortin, souhaite pour sa part que les émissions jeunesse échappent au critère des cotes d'écoute pour obtenir du financement. «Nous avons des succès d'écoute, assure-t-elle, mais il est certain que nous n'attirons pas en nombre le public du Banquier

Rappelons qu'à elle seule, Télé-Québec diffuse cette saison 130 heures de dramatiques jeunesse originales. Près de 46 % de sa grille horaire est consacrée aux émissions pour enfants.

 

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