Il y a 15 jours, le président de l'équipe, Joey Saputo, a lancé un appel pour que les gouvernements financent l'agrandissement du stade Saputo, afin de lui donner une capacité de 20 000 sièges qui le rendrait conforme aux exigences de la Major League Soccer. Le ministre des Finances, Raymond Bachand, s'est rapidement montré ouvert à l'idée.
C'est une très bonne nouvelle - à condition que l'appui de Québec ne reste pas un voeu pieux.
Avec tout le respect dû à la USL-1, dont les meilleures équipes, comme l'Impact, ont prouvé qu'elles étaient capables de rivaliser avec celles de la MLS, l'avenir du soccer nord-américain est ailleurs. Il est dans la MLS, surtout que les franchises les plus solides de la USL, comme celles de Seattle, Vancouver et Portland, ont déjà sauté la clôture ou le feront d'ici 2011. Les RailHawks de la Caroline ou les Rhinos de Rochester, c'est bien beau, mais les fans de soccer de Montréal méritent que leur équipe fasse partie d'une ligue en plein essor plutôt que de l'équivalent footballistique d'un film de série B.
«Il y a une urgence d'agir qu'on a sentie au cours des derniers mois, notamment avec l'obtention de franchises de la MLS par Vancouver et Portland, dit le vice-président de l'Impact, Richard Legendre. À moyen et à long terme, le public québécois veut être au sommet de la pyramide. C'est beaucoup une question de perception. Et il serait malhonnête de ne pas reconnaître que, côté perception et visibilité, la MLS a une bonne longueur d'avance sur la USL.»
L'échec de la candidature montréalaise lors de la plus récente phase d'expansion, l'automne dernier, ne devrait pas affecter les chances de l'Impact de se joindre à la MLS lorsque le processus d'attribution des 19e et 20e franchises sera lancé. La candidature montréalaise avait été écartée sans cérémonie après que Joey Saputo et son ex-associé, George Gillett, eurent refusé de promettre les frais d'entrée de 40 millions de dollars exigés par la MLS. «Nous connaissons Joey Saputo depuis plus de 15 ans et nous nous concentrons sur l'avenir, pas sur le passé», m'a assuré vendredi le président de la MLS, Mark Abbott.
Selon lui, la MLS ne verrait rien de mal à l'ajout d'une troisième équipe canadienne. «Nous sommes toujours à la recherche de marchés forts. S'ils sont au Canada, tant mieux. Nous avons eu un grand succès à Toronto et nous avons l'impression que la même chose va se passer à Vancouver. Il y a une occasion pour notre ligue de développer une présence nationale au Canada.»
La foule de plus de 55 000 personnes qu'a attirée l'Impact au Stade olympique pour le quart de finale de la Ligue des champions de la CONCACAF, en février, n'a certes pas nui au dossier de Montréal. «On ne peut évidemment extrapoler sur une saison entière à partir d'un seul match, note Mark Abbott. Mais cette foule est un bon signe. C'est très positif.»
La présence de Montréal dans la MLS permettrait aussi d'accentuer la rivalité qui émerge entre l'Impact et le Toronto FC dans la Ligue des champions de la CONCACAF. «Lors de la dernière expansion, la possibilité d'établir une rivalité dans le corridor entre Portland, Seattle et Vancouver était attirante. La passion générée par les rivalités fait partie intégrante de notre sport partout dans le monde. Alors c'est un facteur qu'on considère», dit M. Abbott.
Reste à voir quand le processus d'expansion sera relancé. Mark Abbott affirme qu'aucun échéancier n'a été arrêté. Il serait toutefois surprenant que la MLS décide d'attendre plusieurs années. «On n'a pas d'indication précise de la MLS quant au moment où aura lieu la prochaine ronde, mais on ne pense pas que la ligue va attendre six mois, dit Richard Legendre. Ils vont annoncer relativement prochainement comment ils entendent procéder.»
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En matière de soutien au sport professionnel, les gouvernements se doivent d'être extrêmement prudents. Mais il leur faut aussi être équitables. Si les Alouettes ont droit à 23 millions en fonds publics pour agrandir le stade Percival-Molson, pourquoi l'Impact n'aurait-il pas droit au même genre de traitement? Surtout que les Saputo, en plus de donner depuis près de 20 ans un soutien indéfectible au soccer montréalais, ont démontré qu'ils étaient prêts à faire leur part en finançant eux-mêmes la construction du stade actuel.
De plus, les 25 millions réclamés par l'Impact ne permettraient pas seulement d'agrandir le stade Saputo. Ils serviraient aussi à ériger près du stade un terrain d'entraînement intérieur utilisable à l'année - vraisemblablement une structure gonflable avec un terrain synthétique - qui servirait autant à l'Impact qu'aux jeunes joueurs de soccer montréalais. «Il y a des besoins énormes dans l'Est de Montréal, souligne Richard Legendre. Ça deviendrait une installation de développement où l'élite côtoierait les jeunes, un peu comme ce qu'on a fait pour le tennis au parc Jarry.»
C'est pourquoi il faut que le gouvernement affiche ses couleurs sans tarder et annonce officiellement qu'il est prêt à financer l'agrandissement du stade Saputo. Ce serait une manière de contribuer au développement du sport le plus pratiqué chez les jeunes Québécois.
Et ce serait une façon de s'assurer que l'Impact, une organisation modèle, dispose de tous les atouts nécessaires dans sa tentative de se faire une place dans les grandes ligues.
«Le train s'en vient, dit Richard Legendre. Ou bien on y monte, ou bien on le regarde passer.»
Le choix devrait être facile à faire, il me semble.








