Biello part... mais reste quand même

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Ronald King
La Presse

Dix-neuf saisons de soccer, voilà qui représente pas mal d'émotions, d'efforts et de douleurs. Mauro Biello, 37 ans, a d'abord parlé des blessures pour expliquer sa décision de se retirer du jeu. Nous l'avons cru sur parole.

Remarquez que les circonstances s'y prêtaient. Faire ses adieux après avoir remporté un championnat, le troisième dans le cas de Biello, est tout à fait élégant.

Biello a avoué être nerveux quand il doit s'adresser à un groupe. Les gens des médias et du milieu s'étaient déplacés en masse pour son discours d'hier. Résultat: un des plus beaux qu'il m'ait été donné d'entendre en une longue carrière.

Parfois drôle, parfois touchant, n'oubliant personne, dont tous les médecins, physiothérapeutes et conseillers qui ont défilé au cours de sa carrière. La plupart du temps en français, quelques fois en anglais. Biello a même remercié ses deux jeunes fils de se tenir tranquilles pendant qu'il parlait.

Avec Mauro Biello, qui demeurera avec le club comme entraîneur-adjoint et responsable du développement, se termine une époque de l'Impact qui s'est même appelé le Supra pendant des temps plus difficiles. L'équipe des De Santis, Limniatis, Barker et quelques autres, une équipe de Montréalais d'abord, prend fin. Reste Nevio Pizzolito, 33 ans, le bébé du groupe.

Ces garçons ont sauvé la concession plusieurs fois, ils ont déjà renoncé à leur salaire pour garder l'équipe à flot. Leur histoire est celle de l'Impact des débuts, devant 100 spectateurs, ignoré des médias. La suite risque d'être très différente, mais elle sera possible à cause des sacrifices d'une génération de jeunes athlètes déterminés.

Et justement, il est de plus en plus difficile de les remplacer par des Montréalais. L'Impact est devenu une équipe attrayante pour les joueurs de l'extérieur, le niveau de jeu progresse, la concurrence pour attirer les talents locaux est forte.

Les experts nous expliquent que le problème de nos élites est le manque de compétition de haut niveau dans les rangs mineurs, justement. Ils sont techniquement bons, mais pas assez aguerris pour faire le saut chez les pros, ils n'ont pas assez souffert.

Hier, l'Impact a perdu son capitaine et les gens des médias, un gentleman qui ne se désistait jamais dans les temps moins glorieux.

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