Le paradoxe de Fleur-de-lys

 

André Pratte, éditorialiste en chef
La Presse

En publiant le texte de Fleur-de-lys, j'ai voulu illustrer un phénomène préoccupant, la piètre qualité du français écrit au Québec, que nous sommes à même de constater dans l'abondant courrier que nous recevons. J'ai voulu aussi souligner ce qui me paraît être un paradoxe, soit que beaucoup de Québécois qui défendent le fait français avec vigueur n'investissent pas cette même passion dans la maîtrise de cette langue.

Fleur-de-lys a écrit ce courriel avec l'intention clairement exprimée de le voir publier. Dans ces circonstances, il est révélateur qu'il ait fait tant de fautes. Soit il est incapable de faire mieux, ce qui illustre les faiblesses de l'école et de notre environnement culturel; soit il ne s'est pas donné la peine de bien écrire, ce qui témoigne de notre laisser-aller collectif à cet égard.

Comme Fleur-de-lys n'est nulle part identifié, je vois mal comment il ou elle pourrait être humilié par la publication de son texte. Qui pourrait le reconnaître? D'une certaine façon, c'est là tout le drame: Fleur-de-lys n'est pas une exception.

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