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Mon droit est plus fort que le tien

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André Pratte
Cyberpresse

Les candidats à la direction de l'ADQ et la ministre conservatrice Josée Verner ont joint leurs voix à celle de la chef du Parti québécois, Pauline Marois, pour réclamer que l'égalité des sexes ait préséance sur la liberté de religion dans les lois et pratiques québécoises. Dans l'esprit du plus grand nombre, apparemment, il va se soi que la liberté de religion est un droit moins fondamental que les autres. L'argument selon lequel on ne peut ni ne doit établir de hiérarchie des droits de la personne leur paraît abstrait et légaliste.

Dans un éditorial récent, notre consoeur Josée Boileau, du Devoir, exprime ce point de vue avec brio:

«Quand, dans les institutions publiques, s'expriment des exigences au nom de la religion, il y a donc au départ maldonne. Il y a, du côté intégriste, non pas équivalence, mais refus de l'égalité entre les hommes et les femmes. La hiérarchie des droits qui, selon nos dirigeants, n'existe pas est au contraire totalement à l'oeuvre: c'est la religion qui prime au détriment des femmes, et c'est cela que l'on va 'accommoder'.»

Josée conclut: «Il y a nécessité d'affirmer la primauté de l'égalité homme-femme, même si cela implique une bataille juridique.»

La démonstration est impressionnante. Mais la solution proposée ne tient pas, à notre humble avis. Car la bataille juridique sera certainement perdue. Pas à cause d'une quelconque penchant pour la Cour suprême du Canada, mais parce que toute cour statuant sur les droits de la personne, ici comme ailleurs dans le monde, rejetterait une telle approche.

En 1993, à l'occasion d'une conférence mondiale sur les droits de l'homme, 171 États membres de l'ONU ont adopté une déclaration finale affirmant que «la communauté internationale doit traiter des droits de l'homme globalement, de manière équitable et équilibrée, sur un pied d'égalité et en leur accordant la même importance». La hiérarchisation des droits envisagée isolerait donc le Québec du reste de la planète en matière de droits fondamentaux.

Établir un classement des droits mènerait à l'arbitraire et aux abus. Si l'égalité des sexes est au-dessus de la liberté de religion, l'est-elle aussi de la liberté de conscience et de la liberté d'expression? La liberté de religion est-elle le seul droit qui soit ainsi vu comme secondaire? Décréter qu'il en est ainsi pourrait cautionner le comportement des États qui briment les droits de leurs minorités religieuses.

Le fait que les Québécois ne pratiquent plus ne devrait pas nous faire oublier que des centaines de millions d'êtres humains croient profondément, et qu'au cours de l'histoire, des millions ont été assassinés, torturés, écartés parce que leur foi n'était pas celle de la majorité. La liberté religieuse est, à n'en point douter, un droit aussi fondamental que les autres.

Dans son discours au Caire, l'été dernier, Barack Obama a déclaré: «La liberté de religion joue un rôle crucial pour permettre aux gens de vivre en harmonie. (...) Il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu'une musulmane devrait porter. En un mot, nous ne pouvons pas déguiser l'hostilité envers la religion sous couvert de libéralisme.»

Qu'arrive-t-il si une femme, protégée par le droit à l'égalité, réclame des accommodements au nom de sa liberté religieuse? Dans beaucoup de sociétés occidentales, on a résolu ce dilemme en décrétant qu'une telle femme est victime de la domination masculine. C'est sans doute souvent le cas. Mais toujours? En ce qui a trait au monde musulman, la principale conseillère de M. Obama est Dalia Mogahed, une jeune femme au parcours professionnel impeccable. Mme Mogahed porte l'hijab...

***

En cette époque de grandes migrations, les sociétés démocratiques font face à un défi extraordinairement exigeant: il leur faut défendre et promouvoir leurs valeurs tout en accueillant et en intégrant les personnes d'autres cultures. Dans un tel contexte, il est tentant de vouloir éliminer les chocs de valeurs par des mesures simples et radicales. Toutefois, de telles mesures pourraient provoquer plusieurs effets pervers, notamment l'enfermement des minorités religieuses dans des ghettos: leurs églises, leurs écoles, leurs entreprises. L'intégration serait alors tout aussi ratée que si la majorité plie bêtement à toutes les demandes d'accommodement. Une société libérale cherche une position d'équilibre entre les différents droits de la personne.

C'est pourquoi le moyen le plus sage ? bien qu'aussi le plus difficile ? de relever ce défi est d'y aller avec prudence. Il faut s'attaquer avec conviction et ouverture aux divers cas problématiques qui surviennent plutôt que de rechercher une quelconque solution magique qui les ferait (en apparence seulement) disparaître.

Commentaires (2)
    • La solution est simple, le mot religion n'a pas d'affaire dans la charte des droits et libertés, il suffit d'enlever ce mot et la lumière sera.

      Car grâce à la liberté de conscience et la liberté d'expression tous peuvent croire en ce qu'ils veulent. Pratiquer le sport ou la religion qu'ils désirent, écrire sur les Dieux qui les intéressent.

      Le problème est le mot car il est lui-même porteur d'injustices. Toutes les religions sont porteuses d'inégalités sociales et d'injustices. Ils ne peuvent donc pas être dans notre charte puisque automatiquement ils briment tous les autres droits.

      La religion brime l'égalité hemme-femme, l'orientation sexuelle, la liberté d'expression, la liberté de conscience( en pratiquant une autre religion), la liberté de faire ce qu'on désire de son propre corps(avortement), la liberté d'expression, la liberté de faire une caricature de Mahomet, etc.

      Tous les droits de la charte sont brimés par les religions, si on enlève ce mot on n'a plus besoin alors de hiérarchie.

      Autre problème que pose ce mot si une religion permet par exemple de pratiquer la pédophilie, comme c'est le cas pour certaines religions qui autorisent le mariage et la soumission sexuelle aux enfants dès l'âge de 9 ans on devrait donc permettre à certains de pratiquer la pédophile sur nos enfants pour ne pas brimer leur liberté à la religion ???

      Si quelqu'un décide de créer une religion demain matin qui permet à ses adeptes, non seulement de porter des armes blanches, comme s'est déjà le cas au Québec, mais aussi des mitraillettes ?

      La justice et le droit pour tous est que si on permet à certaines religions on doit permettre à toutes les religions. Donc si on permet à certaines religions de porter des armes blanches dans les écoles on doit permettre aussi à l'autre religion de porter des mitraillettes dans les écoles, si c'est ça les lois de cette religion.

      Puisque de permettre à la religion catholique par exemple et ne pas permettre à une autre religion ce n'est pas juste. De mettre les religions dans notre charte entraînera un autre problème à moyen terme, devrait-il y avoir une hiérarchie dans les religions si c'est musulman c'est correct et si c'est la religion de la secte du fameux moise ou encore des Raéliens c'est pas correct ???

      Le problème est que le mot religion n'a pas d'affaire là !

      Enlever ce mot et on n'a plus besoin de hiérarchiser les droits.

      Un vrai et juste droit de l'homme n'empiêtre jamais sur un autre droit sauf lorsqu'il devient injuste.

      Lorsqu'un droit pose problème dans son application c'est qu'il n'est pas un droit juste.

      D'enlever le mot religion de notre droit ferait du Québec un exemple pour le reste de la planète en matière de droits fondamentaux.

      Car actuellement dans le monde entier le mot religion pose problème aux droits des hommes.

      J'enlèverais donc le mot liberté de religion pour le remplacer par liberté à la laicité dans l'État publique.

      Les gens pourraient donc êtres militants du Canadiens de Montréal, d'un parti politique, des Raéliens, des musulmans ou de toutes autres religions dans leur vie privé et tant qu'ils ne viennent pas écoeuré les autres, le monde dans la sphère publique.

      Par exemple, les gens peuvent bien s'habiller en sado-maso, avec une cagoule, une couverture sur la tête, une burka, ne pas s'habiller du tout, chez eux et dans leur temple sauf que lorsqu'ils sortent dans la rue ils doivent respecter les autres qui ne pratiquent pas les mêmes convictions !!

      Pourquoi quelqu'un d'une certaine conviction aurait le droit de demander que ce soit une femme qui la serve et qu'un autre n'aurait pas le droit selon ses convictions de demander que ce soit un blanc, s'il a droit à sa liberté de conviction ??? Pourquoi une personne qui pratique le nudisme n'aurait pas le droit exiger qu'on lui fasse passer son examen de conduite nu, si c'est ce que demande sa religion ?

      On peut contaster le ridicule de la chose...ce qui m'amène à conclure que c'est pratiquement impossible que des juges et/ou des avocats ne voient pas (ou encore ne veulent pas voir) que ces accomodements sous prétexte religieux sont injustes et briment les droits de justice pour tous ???

      C'est un peu comme Hitler qui se permettait de tuer sous prétexte d'idéalogie de beauté et de pureté, on essaie tout simplement de ramener les religions (parti politique et économique déguisé en bon dieu) pour mieux manipuler (par les sentiments) le peuple et pour lui extorquer de l'argent en lui promettant le paradis...

      C'est archaique c'est dépassé dans les chartes de droits de demain le mot religion disparaîtra.



    • Les personnes qui viennent de vivre au Québec tout en sachant pratiquer une religion qui les place en porte à faux avec les règles de société d?accueil, doivent s?intégrer ou assumer leur auto discrimination face aux règles qui s?appliquent à tous également, à moins de considérer discriminatoire de traiter tout le monde de la même façon.

      Un état laïc ne peut et ne doit pas, par définition, se soumettre aux dictats d?une doctrine religieuse dans l?organisation et l?administration de ses fonctions destinées aux citoyens ni en faire la représentation. L?État doit demeurer neutre et pratiquer une l?application uniforme et égalitaire des lois, des programmes et services gouvernementaux sans tenter d?atténuer l?effet contraignant des libres choix religieux de ses citoyens. Pour ce qui est le la vie privée, l?État ne doit pas intervenir en matière religieuse à moins que des actes criminels soient commis.


      Dans ce cas, nul besoin de donner la primauté à certains droits de la charte sur d?autres puisque tous doivent respecter les mêmes règles et son soumis aux mêmes lois.

      C?est justement lorsqu?on tente d?appliquer différemment les règles en constituant différentes classes de citoyens que survient de problème de primauté de certains droits par rapport à d?autres.

      En ouvrant ce flanc à l?encontre de l?égalité des citoyens devant la loi, le Québec expose son identité culturelle et sa cohésion sociale aux altérations incontrôlées d'influences intégristes étrangères.

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