L'effet olympique est superficiel et souvent éphémère; il suffit de voir la Grèce (Jeux d'été en 2004) et l'Espagne (Jeux d'été en 1992) sombrer ces jours-ci dans le marasme économique pour s'en convaincre. Bien que le Canada se soit bien sorti de la récession, l'horizon pourrait vite s'assombrir.
Il y a bien sûr l'état des finances publiques, auquel devra s'attaquer le gouvernement Harper dès le budget de jeudi. D'autres problèmes sont plus complexes et potentiellement plus graves. Les gouvernements, les entreprises et la société civile doivent s'atteler à la difficile tâche de concilier la nécessité économique du développement des ressources pétrolières et gazières du pays et la préservation de l'environnement. Mal gérée, cette question pourrait exacerber les tensions entre régions et fragiliser l'unité canadienne.
Le triste sort des populations autochtones est inadmissible dans un pays riche comme le nôtre. Cette situation exige des autorités gouvernementales une détermination et un doigté qui leur a trop souvent fait défaut.
Le vieillissement de la population freinera la croissance économique et exigera de l'État un effort financier toujours plus grand. Pour amortir le choc, le Canada devra accueillir davantage d'immigrants; d'autres régions pourraient être frappées par la vague d'inquiétude identitaire qui déferle sur le Québec depuis quelques années.
En s'attaquant à ces défis, les leaders du pays pourraient s'inspirer du courage et de l'opiniâtreté de nos athlètes. Pour sa part, la population devra faire preuve de la même solidarité nationale que celle dont nous avons été témoins au cours des deux dernières semaines. Idéaliste? Sans doute. Chaque place sur le podium commence par un rêve.









