- le processus d'attribution des contrats de travaux publics est discrédité;
- le système de financement des partis politiques n'engendre plus que suspicion;
- la réputation de la FTQ, des entrepreneurs en construction et des firmes de génie est entachée;
- le désabusement à l'égard de la classe politique est plus grand que jamais;
- la crédibilité du premier ministre est en lambeaux.
La chef de l'opposition, Pauline Marois, a bien résumé la situation hier: «Le Québec vit une crise institutionnelle grave.» Nous aurions souhaité que M. Charest saisisse l'occasion fournie par les allégations contre le maire Vaillancourt pour annoncer, enfin, la tenue d'une enquête publique. «Le temps des faux-fuyants est terminé», a déclaré avec raison Mme Marois. Malheureusement, le premier ministre a persisté dans son entêtement, dans son aveuglement.
L'opposition continue de réclamer une enquête sur la construction. La gravité de la situation justifie un exercice plus vaste encore, sans précédent: une enquête publique sur la corruption au Québec. Le mandat serait exceptionnellement large pour tenir compte du fait inédit et inquiétant que plusieurs niveaux de gouvernement et milieux sont concernés.
Outre l'enquête proprement dite, une telle commission pourrait commander des travaux d'experts sur diverses questions. Par exemple?: le coût des travaux publics est-il vraiment plus élevé au Québec qu'ailleurs? Des États ont-ils mieux réussi que nous à lutter contre la corruption et contre le crime organisé? Faut-il passer à un financement exclusivement public des partis politiques?
L'enquête sera longue et coûteuse. Qu'importe, aux grands maux les grands remèdes. La corruption a produit des métastases partout dans la province, dans toutes les couches de la société. Seul un traitement radical et en profondeur pourra en venir à bout.










