La crise qui secoue le Parti québécois depuis quelques mois a poussé la formation à proposer des réformes visant à «changer la politique». Venant d'un parti qui a été au pouvoir pendant 18 des 35 dernières années, l'engagement peut paraître paradoxal.

Néanmoins, certaines des propositions dévoilées cette semaine sont intéressantes. Par exemple, le PQ promet d'«assurer la transparence complète des activités de l'État». Bravo! Toutefois, c'est le genre de promesses qu'on oublie vite une fois au pouvoir.

Les péquistes proposent aussi que six mois avant chaque élection, le gouvernement soit tenu de publier «un portrait clair et vérifié des finances publiques». Nous soutenons ici depuis longtemps qu'il faut aller plus loin, que l'Assemblée nationale devrait avoir à son service un «directeur parlementaire du budget», sur le modèle de ce qu'on trouve à Ottawa et à Washington.

Le PQ envisage que les députés puissent faire comparaître les personnes nommées par le gouvernement à divers postes (sous-ministre, dirigeant de société d'État, etc.). Une excellente idée, qui découragerait peut-être le Conseil des ministres d'offrir des emplois importants à des gens dont la compétence principale est d'être «du bon bord».

D'autres idées mises de l'avant par la formation de Mme Marois sont moins convaincantes, voire mal avisées. Les péquistes songent à abaisser à 16 ans l'âge minimum donnant le droit de voter. Quel problème cette mesure réglera-t-elle? Ne devrait-on pas plutôt redoubler d'efforts pour convaincre les jeunes qui ont déjà le droit de vote de l'exercer?

Quant aux référendums d'initiative populaire, les expériences étrangères devraient inciter nos politiciens à la prudence.

La grande faiblesse de cet ensemble de mesures réside dans le fait qu'elles ne s'attaquent pas à la racine du désabusement de la population à l'égard de la politique. D'ailleurs, dans les pays qui ont adopté semblables réformes, les citoyens sont tout aussi désabusés que ne le sont les Québécois.

Réagissant aux propositions du PQ, l'ancien haut fonctionnaire Louis Bernard a fait remarquer que «ce qui cloche, ce ne sont pas tant nos institutions elles-mêmes que la façon dont on les utilise.» C'est là, en effet, le coeur du problème. Les gens en ont assez du ton du débat politique. Et s'ils ont aujourd'hui la conviction que la plupart des élus sont incompétents et/ou corrompus, c'est le résultat des insultes que les politiciens eux-mêmes ne cessent de se lancer à la figure.

Il faudra plus que des modifications aux mécanismes parlementaires et électoraux pour «changer la politique». C'est à la culture politique (à laquelle contribuent non seulement les politiciens mais aussi les médias et les électeurs) qu'il faudrait s'attaquer. Malheureusement, aucun parti n'a encore manifesté la volonté de relever ce défi-là.