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Débats: droits de scolarité: hausse justifiée? Vos points de vue

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Une hausse des droits de scolarité à compter... (PHOTO: IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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Une hausse des droits de scolarité à compter de 2012?

PHOTO: IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Dans son budget de jeudi, le gouvernement Charest doit annoncer une hausse substantielle des droits de scolarité dans les universités à compter de 2012. L'augmentation devrait atteindre 500$ par année pendant trois ans. Croyez-vous que cette hausse est justifiée? Est-elle la meilleure solution au sous-financement des universités? Cette augmentation rendra-t-elle l'université moins accessible aux jeunes Québécois?

Guy Breton

Recteur de l'Université de Montréal

DES GELS NÉFASTES

Si une hausse des droits de scolarité est aujourd'hui incontournable, c'est parce que depuis longtemps nous n'avons pas eu, collectivement, le courage de demander à chacun de faire sa juste part. Le gel, puis le quasi-gel des droits de scolarité ont été néfastes pour nos universités en les privant des ressources financières dont elles ont besoin pour accomplir leur mission. Pourtant, les étudiants québécois ne fréquentent pas plus l'université pour autant ! En fait, ils la fréquentent moins que leurs collègues d'ailleurs en Amérique du Nord. Il faut redresser la situation en augmentant les droits de scolarité, mais cette hausse doit impérativement s'accompagner d'un programme d'aide financière plus généreux, d'incitatifs à la philanthropie et de mesures de soutien à la recherche universitaire. Il faudra être imaginatifs et favoriser la contribution de chacun des secteurs de la société parce que des universités de qualité profitent à l'ensemble de la société. L'accessibilité aux études universitaires, elle se prépare d'abord dans une culture qui valorise l'éducation tout au long de la vie.

Leo Bureau-Blouin

Président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)

UNE HAUSSE INJUSTIFIABLE

La hausse des droits de scolarité du gouvernement Charest est tout simplement injustifiable. Toutes les études sérieuses démontrent que la hausse des droits de scolarité réduira l'accès aux études universitaires et augmentera l'endettement des étudiants et de leurs familles. À l'inverse, aucune étude ne démontre que la qualité de l'éducation ne va s'améliorer. Avec la hausse du gouvernement Charest, les étudiants paieront jusqu'à 4500$ pour étudier alors que Jean Charest n'en a payé que 1500$. Il y a des limites à tout mettre sur le dos de la même génération. Si le gouvernement va de l'avant, c'est un lourd héritage que nous léguerons aux générations futures. Parce que hausser les frais, c'est revenir à une époque où les francophones, les femmes et les habitants des régions éloignés ne fréquentaient pas l'université. C'est revenir à une époque où nous n'étions pas maîtres de notre destinée collective. C'est calquer un modèle canadien où ce ne sont pas les meilleurs médecins qui obtiennent un diplôme, mais les plus fortunés. C'est adopter un modèle qui n'est pas le nôtre. Aujourd'hui, chaque dollar que l'État investit dans un diplômé en rapporte 5,3 en taxes et en impôts. Voilà un investissement rentable, voilà une vision d'avenir pour la société québécoise. Malheureusement, il semble que le gouvernement Charest soit trop occupé à s'acharner sur les jeunes et leur famille pour réaliser l'importance d'une éducation abordable.

Gaetan Frigon

Président exécutif de Publipage Inc, ancien PDG de la Société des alcools du Québec et de Loto-Québec

AUGMENTATION ÉQUITABLE

On parle souvent des choix de société que l'on a faits au Québec au cours des années, lesquels nous différencient souvent du reste du Canada. Le problème vient du fait que, la plupart du temps, nos choix identifient ce que sera la dépense, mais oublient de spécifier d'où viendront les revenus pour couvrir ladite dépense. En conséquence, ça vient toujours du budget consolidé de la province, lequel n'augmente pas à moins d'augmenter les taxes et les impôts. C'est le cas, par exemple, des garderies à 7$ et... des droits de scolarité dans les universités. L'argument de base des étudiants : les pauvres doivent avoir le même accès à l'université que les riches. C'est évidemment très beau en principe, mais comme la capacité de payer de ceux qui justement paient de l'impôt a déjà été étirée au maximum, il devient important d'établir une juste mesure entre la position de ceux voulant que l'accès à l'université soit gratuit, comme dans certains pays d'Europe, et la position de ceux voulant que l'étudiant paie le vrai coût de ses études universitaires. Dans ce contexte, une augmentation de 500$ par année pendant trois ans est non seulement souhaitable, mais également équitable vis-à-vis les autres choix de société que le Québec a mis en place et que l'ensemble des payeurs d'impôt doit assumer. Dans trois ans, d'ailleurs, les frais de scolarité au Québec seront encore bien en deçà de la moyenne canadienne.

Pierre Simard

Professeur à l'École nationale d'administration publique à Québec

RESPONSABILISATION DES ÉTUDIANTS

Les études universitaires sont d'abord et avant tout un investissement privé. Le diplômé universitaire gagnera en moyenne un salaire beaucoup plus élevé que l'individu moyen. Est-ce normal de faire payer cet investissement par tous les contribuables? Est-ce normal de subventionner tous les étudiants, y compris ceux issus d'un milieu socioéconomique aisé? Non! Le rôle du gouvernement n'est pas de fixer les frais de scolarité des universités. Son rôle, s'il a vraiment un rôle utile à jouer, devrait se limiter à aider les plus démunis à y accéder. Il devrait s'en tenir à aider ces étudiants à financer leurs études; des emprunts qu'ils rembourseront grâce à des revenus plus élevés une fois diplômés. Malgré l'annonce d'une hausse des frais de scolarité, le financement de nos universités restera largement subventionné par l'État et les frais assumés par les étudiants demeureront en deçà du coût réel de leur formation. Par contre, l'augmentation des frais de scolarité aura l'avantage de contrer partiellement l'illusion de la gratuité. Elle forcera une certaine responsabilisation des étudiants face à leur investissement et obligera les universités à faire la démonstration que ces hausses se traduisent par une meilleure qualité de l'enseignement, et non seulement par un meilleur traitement de leurs dirigeants et professeurs.

Daniel Zizian

Président-directeur général de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ)

AU MÊME NIVEAU QU'EN 1968

La présence d'un réseau universitaire dynamique et performant, offrant une formation répondant aux plus hautes normes internationales, profite aux individus qui le fréquentent et à l'ensemble de la société. Il est donc naturel que le gouvernement, les étudiants ainsi que le secteur privé soient appelés à y contribuer pour en assurer le développement. En ce qui a trait à la contribution des étudiants, les gels successifs des droits de scolarité au cours des dernières décennies ont fait en sorte qu'il en coûte aujourd'hui moins cher pour acquérir une formation universitaire que ce n'était le cas en 1968, en dollars constants. Une hausse de 500$ par année sur une période de trois ans (à compter de l'année 2012-2013) ramènera les droits de scolarité à l'équivalent de leur valeur réelle de 1968-1969. Pour la CREPUQ, le maintien de l'accessibilité constitue une priorité. Toute hausse des droits de scolarité doit donc être accompagnée de mesures d'aide financière appropriées afin qu'aucun étudiant qui en a le désir et la capacité ne soit empêché d'accéder à l'université pour des raisons financières. Tout autour de nous, les sociétés misent sur leurs établissements universitaires pour favoriser l'innovation et améliorer la qualité de vie de leurs citoyens. Il faut s'assurer collectivement que les universités québécoises aient les moyens de contribuer pleinement au développement économique, social et culturel du Québec.

Robert Gagne

Professeur à l'Institut d'économie appliquée et directeur du Centre sur la productivité et la prospérité à HEC Montréal.

AUCUN LIEN AVEC L'ACCESSIBILITÉ

On confond accessibilité et gratuité (ou quasi-gratuité). Or, l'expérience des garderies et des soins de santé au Québec nous montre que ce n'est pas le cas. D'ailleurs, il n'existe pas, à ma connaissance, d'études sérieuses démontrant que des frais de scolarité plus élevés limitent l'accès à l'université. De plus, au Canada, il ne semble pas y avoir de lien entre les droits de scolarité et la fréquentation universitaire. Le Québec a à la fois les droits les plus faibles et une fréquentation universitaire parmi les plus faibles au Canada. Il faut savoir que les universités sont déjà bien équipées pour mitiger les effets négatifs de droits plus élevés: bourses, emplois sur le campus, etc. Pourquoi ne pas laisser aux universités plus de marge de manoeuvre quant aux droits de scolarité tout en s'assurant que la situation économique des étudiants n'est pas un critère d'admission (comme à Harvard, une université pas pire vous en conviendrez). Une autre solution serait d'établir les droits de scolarité à partir d'un pourcentage fixe des coûts de formation, par exemple 50%. Si les coûts augmentent, les droits augmentent aussi. Ce serait également plus cher en médecine vétérinaire qu'en histoire de l'art, ce qui est le gros bon sens.

Philippe Faucher

Professeur au département de science politique et chercheur associé au Centre d'études et recherches internationales de l'Université de Montréal

UN TRÈS BON INVESTISSEMENT

La formation et la recherche universitaire sont indispensables pour développer le savoir-faire, les compétences, l'invention, dans toutes les disciplines, incluant les domaines artistiques. Transmettre et faire progresser la connaissance sont les uniques moyens dont nous disposons pour renouveler le cycle de production basé sur l'exploitation polluante et peu compétitive des ressources naturelles qui s'épuisent. Ce que nous ne découvrirons pas, ce que nous ne saurons pas produire, nous devrons l'acheter des autres. Par ailleurs, dans une économie où chacun est libre de choisir sa profession et donc sa rémunération future, obtenir un diplôme universitaire est un très bon investissement. Faute d'un mécénat conséquent et d'une contribution adéquate de l'industrie, il revient à l'État d'assumer par son financement le risque inhérent à la recherche. Un souci d'allocation équitable des ressources commande que l'essentiel des droits de scolarité soit à la charge des étudiants. Un programme de prêt et bourses, assortis de contrats de remboursements modulés selon les revenus, doit permettre l'accès aux études des moins fortunés. Le rééquilibrage annoncé est un passage obligé qui s'avérera insuffisant. Le Canada n'a pas les universités qu'il mérite; cela tient à d'autres causes que le seul manque d'argent.

Jean-Herman Guay

Professeur de sciences politiques à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke

UNE ANOMALIE

Depuis longtemps, nos droits de scolarité constituent une anomalie par rapport au reste du Canada et de l'Amérique du Nord. Faut-il les hausser? Sans aucun doute. Trois raisons peuvent être amenées: 1) la scolarité universitaire est indéniablement un investissement profitable pour l'étudiant; 2) la contribution gouvernementale, compte tenu du fardeau fiscal des Québécois, peut difficilement être augmentée significativement; et 3) de nombreuses études ont démontré que l'effet d'une augmentation des droits sur l'accessibilité est faible, quasi nul. L'augmentation ne doit cependant pas être uniforme. D'abord parce que la rentabilité de l'investissement pour les étudiants n'est pas la même, mais aussi parce que la «production» d'un diplômé n'est pas identique selon les secteurs d'études. Si le gouvernement devait établir une augmentation uniforme, il ferait preuve d'un égalitarisme trompeur. Progressivement, la table des droits doit être modifiée pour être modulée. Cela étant dit, la situation québécoise est également une anomalie quant à la contribution des entreprises. Aux États-Unis, la philanthropie des entreprises et des individus est une composante essentielle des revenus des universités. Faut-il revoir cette contribution par l'établissement d'incitatifs fiscaux? Sans aucun doute aussi. Il faut cesser de croire que toute distribution de la richesse doit nécessairement transiger par l'État. Ici aussi, un peu d'imagination s'impose.

Marcel Boyer

Professeur émérite de science économique à l'Université de Montréal, fellow au CIRANO

IL FAUDRAIT FAIRE PLUS

La hausse des droits de scolarité soulève les passions. C'est malheureux. La situation budgétaire actuelle des universités québécoises mine la qualité de la formation avancée dont les Québécois ont besoin. Malheureusement, la pensée magique voudrait qu'une éducation de qualité supérieure puisse être assurée au rabais. C'est comme croire pouvoir acheter une Mercedes avec le budget d'une Lada! Les universités québécoises perdent du terrain par rapport aux universités canadiennes et américaines auxquelles on devrait pouvoir se comparer. Cette situation est relativement nouvelle et elle découle directement d'un gel mal avisé des frais pendant trop d'années. Il faudrait faire plus. Nos universités ont besoin d'air et d'un sérieux et profond renouvellement de leur mode de fonctionnement. Pour y arriver, il faudrait les responsabiliser davantage (équilibre budgétaire et objectifs concrets d'accessibilité, par exemple), leur laisser une plus grande marge de manoeuvre, les libérer des contrôles dommageables de la bureaucratie gouvernementale et les soumettre à la concurrence. Le gouvernement devrait annoncer ses subventions aux universités selon un barème par niveau et par domaine de formation et laisser ensuite les universités individuelles déterminer les droits de scolarité de leurs différents programmes. La qualité, ça paie et ça coûte.

Pierre-Yves McSween

Comptable et chargé de cours à HEC Montréal

TOUT A UN PRIX

Les études universitaires représentent un investissement, pas seulement pour la société, mais surtout pour l'étudiant lui-même. En mon sens, si l'état doit investir massivement dans nos universités, l'étudiant doit faire sa part. La hausse des frais de scolarité semble élevée en pourcentage, mais elle ne constitue qu'un rattrapage des années où ils ont été maintenus artificiellement bas. Les Québécois sont-ils maintenant prêts à considérer que les études se planifient dès la naissance d'un enfant? L'épargne-études annuelle systématique rendrait le choc du coût des études beaucoup moins grand, autant pour les parents, que pour les étudiants. Simple suggestion, voici quelques postes de dépenses à revoir avant et pendant les études: cellulaire, vêtements griffés, voiture, sorties, vacances, voyages, technologie, etc. Les études sont une période de sacrifice où chacun s'investit mentalement, physiquement, intellectuellement et financièrement pour se doter d'une position plus avantageuse pour son avenir. La question demeurera toujours la même : est-ce qu'un jeune adulte est prêt à investir et s'endetter de 3500$ à 4000$ en frais de scolarité annuellement pour améliorer son sort? C'est à chacun de décider. Nul doute que la valeur actuelle nette des études est positive au point de vue financier et intellectuel. Tout a un prix. Durant des années, on s'est demandé quelles seraient les conséquences néfastes de la hausse des frais de scolarité. Et le sous-financement, quels seront ses conséquences à long terme?

Mathieu Bock-Cote

Chargé de cours en sociologie à l'UQAM

ÉVITER LE DÉGEL BRUTAL

Si je n'ai jamais vu le dégel comme une catastrophe pour l'accessibilité aux études, je ne l'ai jamais considéré toutefois comme une solution miracle, absolument incontournable. J'y vois une mesure parmi d'autres pour remédier au sous-financement des universités. Mais la crispation du mouvement étudiant qui refuse même de l'envisager dans sa forme la plus modérée nous rappelle une chose: la question des droits de scolarité est devenue symptomatique au fil des années de l'alourdissement du modèle québécois et du pouvoir de blocage qu'y jouent certains lobbies. Chose certaine, le verrou du gel dans le débat public doit sauter. La modernisation de notre modèle social, qui est inévitable, impliquera une contribution de chacun des groupes de la société, à moins de reporter encore une fois ce fardeau sur les générations futures. Mais la modernisation du modèle québécois ne doit pas prendre l'allure d'une thérapie de choc. Il faut maintenir vivant l'idéal d'une éducation accessible et éviter un dégel brutal, qui viendrait surtout handicaper la classe moyenne et les étudiants provenant de milieux démunis. On devra probablement imaginer de nouvelles formules qui permettront d'assurer l'application cet idéal, peut-être en modulant les frais selon les programmes, certainement en améliorant l'aide financière aux études.

Max Roy

Président de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU)

RÉGRESSION DE L'ACCESSIBILITÉ

La FQPPU, qui regroupe la plupart des associations et syndicats de professeurs d'université au Québec, s'est prononcée contre une hausse importante des droits de scolarité universitaires, en 2010, dans le premier budget Bachand. Ce projet de modification des droits de scolarité ne reposait pas sur une analyse sérieuse et complète de la situation universitaire au Québec, mais sur des opinions venues de l'extérieur des milieux concernés directement et sur une vision réductrice des problèmes qui affectent l'ensemble des établissements. Toute augmentation des frais compromet l'accessibilité scolaire. Des études montrent, en particulier, que le tissu social de la population étudiante en est alors nécessairement modifié. En tenant compte de l'organisation singulière du système scolaire québécois, qui distingue un ordre d'enseignement collégial et un ordre universitaire - ce qu'on oublie trop souvent -, le Québec se compare favorablement à d'autres provinces canadiennes au chapitre de la diplomation postsecondaire. Cette situation, qui peut encore être améliorée, résulte d'une démocratisation de l'enseignement supérieur qui impliquait nécessairement une limitation des droits de scolarité et qui faisait l'objet d'un consensus social. Une hausse des droits serait un facteur de régression pour l'accessibilité à l'université de l'ensemble des personnes ayant la capacité et la volonté de poursuivre des études supérieures, quelles que soient leur provenance et leur situation financière.

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Commentaires (20)
    • La hausse des frais de scolarité va inévitablement nuire à l?accessibilité des études. En 1990, la dernière fois qu?il y a eu une hausse comparable à celle proposée dans le budget Bachand, il y a eu une diminution de 20% de la fréquentation dans les universités. Si la même situation se reproduit, la hausse de 75% imposée aux étudiants n?augmentera les revenus de frais de scolarité des universités que de 40%. Si le scénario de 1990 se reproduisait, c?est 40 000 étudiants qui quitteraient les bancs d?école.

      Cette diminution de l?accessibilité aux études et de la fréquentation scolaire qui en résulte entraîneront aussi d?autres conséquences. D?abord, il devrait y avoir une augmentation des coûts en santé. Comme le niveau d?éducation est un déterminant important de la santé, la diminution du niveau de scolarité des étudiants va diminuer la santé de la population.

      La hausse des frais de scolarité va aussi directement augmenter l?endettement étudiant. Cet endettement va avoir un effet négatif sur la natalité et l?accès à la propriété comme ces projets seront retardés. Un endettement plus grand entraînera une augmentation du stress (avec les conséquences qu?on connait sur la santé) sans oublier le risque pour la stabilité de l?économie que représentera l?augmentation du nombre de faillites.

      Quatrièmement, la hausse des frais de scolarité aura un effet négatif important sur le marché de l?emploi. Il y a déjà une pénurie de professionnels au Québec. Dans les 5 prochaines années, 740 000 postes seront à pourvoir à cause des départs à la retraite ou des nouveaux postes créés. Sur ces 740 000 postes, au moins 185 000 vont nécessiter une formation universitaire. La pénurie de professionnels n?est donc pas prête de s?estomper. En haussant les frais de scolarité, il y aura moins de diplômés, ce qui aggravera encore plus cette pénurie. Les entreprises étant incapables de trouver de la main-d??uvre qualifiée iront ailleurs pour la trouver, par exemple au Mexique où la gratuité scolaire existe.

      Finalement, la hausse des frais de scolarité va entraîner des coûts importants pour le gouvernement par la forte pression à la hausse qu?elle causera sur le salaire de ses employés. L?état québécois emploie beaucoup d?universitaires. S?il y a une pénurie, ces universitaires vont avoir un plus grand pouvoir pour imposer une hausse importante de leur rémunération. Le gouvernement du Québec subira aussi une pression morale pour hausser les salaires. Si les frais de scolarité au Québec sont équivalent à la moyenne canadienne, les salaires inférieurs de 30% à 70%, selon la profession, que l?état québécois paie à ses salariés seront difficiles à justifier.

      Il est dommage que ce rationnel économique contre la hausse des frais de scolarité soit si peu présent dans les médias où les personnes qui s?accapareront une part importante de la hausse des frais de scolarité en hausse de salaire sont surreprésentées.

      Sébastien Robert
      Longueuil, Québec

    • Plusieurs points en rafale:
      Peut-être veut-on écarter la génération "scrapper" par la réforme scolaire. Faut avouer que sinon il devra y avoir une baisse des attentes pour ne pas les faire échouer.
      Le salaire moyen québécois des diplômés universitaires est pratiquement en dessous dans tous les domaines.
      J'aimerais voir le bilan financier des universités pour voir où va vraiment l'argent. Est-ce que c'est de l'information publique que l'on peut obtenir avec la loi d'accès à l'information?
      Un diplôme universitaire n'est pas gage d'emploi et ce même dans des domaines comme la chimie.
      On parle beaucoup des pauvres étudiants, mais on ne parle que peu des pauvres parents de la classe moyenne qui aiment leurs enfants et qui supporteront cette augmentation encore une fois. C'est vraiment qu'il y a quelques déductions au niveau de l'impôt qui représente environ 15% des dépenses encourues.
      Je suis diplômé en génie depuis 2010, le premier diplômé universitaire en 400 histoires au Québec dans mon arbre généalogique. Cette chance, je l'ai eu par l'encouragement de mes parents en mots et par des frais de scolarité abordable. Je crois que l'éducation accessible à prix abordable permet d'éviter de créer des castes sociales modernes et permet d'aller chercher les meilleurs.
      On ne fait pas mention du CEGEP dont les frais sont très bas qui pourrait être légèrement augmenté.
      J'ai pour 30000$ de dette (je n'ai jamais fait de voyage pendant mes études, pas de laptop ou d'équipement de camping Hi-tech, je n'ai jamais été voir un match au Centre Bell) et m'acheter un maison n'est pas pour toute de suite.
      Bonne nouvelle, je dois également cotiser encore plus dans mon fond de pension si je veux en avoir un.

      MPrimeau

    • Voilà encore une manière de déplacer le fardeau des services publics de l'impôt progressif vers une taxation régressive basée sur le principe de l'utilisateur-payeur. Si l'éducation est un investissement pour l'individu, alors on se demande bien ce que c'est pour l'État, la société et les entreprises.De plus, rien ne prouve que l'augmentation des frais de scolarité règle le sous-financement des universités. En témoigne le dégel du début des années 1990 qui sera accompagné de compressions draconiennes au nom de la sacro-sainte lutte au déficit. Les exemples dans le ROC, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Australie sont tout aussi éloquents. De plus, les "améliorations" prévues au régime des prêts et bourses sont de la poudre aux yeux, comme si le programme était déjà parfait. Une telle annonce ne fera qu'aggraver l'endettement des étudiant-e-s et permet au gouvernement, qui assume les intérêts sur les prêts durant les études, de faire un autre cadeau aux institutions financières. D'ailleurs, il ne serait pas inutile de valider la thèse suggérée par le cinéaste Micheal Moore dans le film Sicko à l'effet que des étudiant-e-s endetté-e-s deviennent des travailleurs très dociles et peu portés à revendiquer des améliorations sensibles de leurs conditions de travail, trop étouffés par leurs dettes.  Benoît Lacoursière

    • L'art de s'obstiner en affirmant la même chose que l'autre et patauger dans les détails. On le sait tous que l'éducation est un investissement et que c'est important. On en fait pas grand chose de cette prise de conscience à voir l'état de notre système d'enseignement. Mais j'ai ici un autre questionnement dont on parle peu souvent. Quelles sont les dépenses réelles des universités, quels choix font elles ? N'est ce pas un peu important ?<br /><br />Celui qui fait un bacc ou qui se rend au doc, doit il participer à la même hauteur ? Qui et quoi coûte cher dans nos universités ? Les chercheurs et l'équipement de ceux ci ? Quel % se rend aux études supérieures ?En fin de compte, la majorité de ce que nous payons tous et toutes n'est pas pour les étudiants au bacc ou à la maîtrise mais bien davantage pour les coûts d'études supérieures. Je ne dis pas qu'il ne faut pas favoriser et développer les études supérieures, je dis seulement que si on veut davantage de contribution des étudiants, prenons en compte là où vont les grosses dépenses. Quels étudiants bénéficient davantage ?Comme toujours dans le bon vieux modèle québécois, tout le monde paie même quand c'est pour une minorité...Bien sûr que les études supérieures rapportent à la société mais collectivement, voulons nous faire payer tout le monde encore une fois, pour une minorité ?  Simon Ouellet

    • wow! 3 personnes sur 12 contre! Toute une campagne pour faire passer le message que notre société est pour la hausse! Cette chronique manque cruellement de rigueur...ils se sont adressé à des gens qu'on se doute bien de leur perspective, alors question de "temps de réponse"? Pas certaine..

      Sans compter qu'il y a 12 hommes sur 12 personnes choisies. Aucune femme. Re-ouf...après on nous casse les oreilles que les femmes sont plus nombreuses à l'Université. Mais c'est drôle, elles ne sont jamais dans des postes de responsabilité ou de prestige sociale. Cette hausse n'aidera en rien cette situation.

      Peut-on, svp, remettre aussi en question les salaires des cadres, des recteurs, la gestion des universités?
      La quantité incroyable des investissements qui sont fait dans le "béton", est-ce vraiment le mandat d'une université? N'est-ce pas plutôt l'acquisition d'une connaissance et d'un Savoir, afin que toute la société puisse en profiter et mieux vivre?

      On nous dit qu'il s'agit d'un "investissement" privé, que l'étudiant.e.s gagnera plus cher, qu'une personnes sans diplôme universitaire. Ha bon. Avec mon diplôme de maîtrise en sociologie, je gagnerais probablement beaucoup moins qu'à peu près n'importe quel DEP traditionnellement masculin. Pourtant, je vais travailler à aider ma communauté et apporter une réelle justice sociale. Ce n'est pas rien.

      L'idée n'est pas de dénigrer les DEP, bien au contraire, mais simplement de rétablir le discours.

      Je suis contre la hausse!

      M. Ouellet

    • Deux questions sans malice

      L'idée de base de faire augmenter les frais de scolarité est bien sûr le besoin de financement. L'un des arguments invoqué est que les frais sont extrêmement bas par rapport à la norme nord-américaine.

      Première question : peut-on comparer le don individuel nord américain à son alma mater à la moyenne québécoise ? Si oui est-il supérieur, dans la moyenne, en dessous ou carrément - comme je suppose sans preuve toutefois - en dessous de la moyenne ?

      Deuxième question : peut-on comparer le don individuel nord-américain à son alma mater à la moyenne québécois ? Si oui est-il supérieur, dans la moyenne ou en dessous ? Notez que je ne rajoute pas carrément en dessous cette fois.

      Pourquoi ? On demande aux étudiants de faire leur part mais qu'en est-il si les anciens diplômés ne font pas leur part ? C'est un droit mais bon cela enlève de la crédibilité à cet argument qui est de toujours comparé à la moyenne nord-américaine. Les entreprises et autres sociétés font-elles une juste part dans l'enseignement supérieur en terme de don ? Si elle est supérieur ou dans la moyenne tant mieux alors et bravo : mais qu'arrive-t-il si elle est largement en dessous de la moyenne nord-américaine ? Demander une juste part aux étudiants devient injuste puisque ce sont ces mêmes entreprises qui souhaitent des employés mieux formés et plus adaptés aux exigences du XXIe siècle.

      Philippe Policain

    • Je suis une "vieille" en fin de carrière qui a fini par faire des études universitaires dans la trentaine parce que les frais de scolarité n'étaient pas trop élevés -- à ce qu'on dit -- dans les années 1970. Cela avait été impossible avant car je viens d'une famille nombreuse qui ne roulait pas sur l'or et qui vivait en région; j'ai donc commencé à travailler à 18 ans. J'ai toujours suivi des cours ici et là et j'ai économisé. Puis j'ai fait le grand saut: baccalauréat et maîtrise. Quand j'ai recommencé à travailler, mon salaire était plus élevé. J'ai donc payé plus d'impôt. Puis après avoir pris quelques années d'expérience, j'ai commencé à enseigner comme chargée de cours. Je considère donc que j'ai remis à la société ce qu'elle m'a permis d'obtenir, que j'ai pu jouer un rôle plus actif. Et j'en suis bien contente. &lt;br /&gt;C'est pourquoi je suis contre la hausse des frais de scolarité. Le talent ne se mesure pas à la fortune des parents. L'éducation et la connaissance n'ont pas de prix. C'est appauvrir une société, sur le plan économique et sur le plan humain, que de rendre l'éducation plus difficile. Et si on augmente les frais de scolarité, même si on parle d'augmenter les prêts et bourses, un certain nombre de jeunes renonceront aux études universitaires. Je ne voudrais pas que l'un de ces jeunes soit peut-être le médecin qui pourrait un jour me sauver la vie...C. Lavigne

    • La hausse des frais de scolarité s'inscrit dans un modèle économique particulier. Le terme responsabilisation, qui est utilisé à maintes reprises par les intervenants, fait concevoir l'éducation comme un bien fondamentalement individuel. Pourtant, lorsque l'on retourne un peu en arrière, nous pouvons observer que l'éducation fut un choix de société, un modèle de construction sociale pour sortir de la grande noirceur. Ceux-là même qui ont profité individuellement d'un choix collectif, veulent aujourd'hui sabrer cette réalité en se basant seulement sur leur résultat personnel, sans chercher à comprendre l'impact total de l'éducation.

      La joke elle est là. Cette hausse, elle va rapporter combien à terme aux universités? Si peu. Pour les étudiants par contre, 1500$ de plus dans une années, c'est 15% de leur revenus, une dette plus importante à la fin des études, etc.

      Pendant ce temps, nos charmantes institutions bancaires ne paient pas de taxes sur les transactions financières mais moi je dois payer des taxes sur toutes mes transactions commerciales (TPS, TVQ). Pendant ce temps, on dépense des milliards pour des avions de chasse, des retards dans les diverses construction publiques et autre.

      L'argent n'est pas dans les poches des étudiants. Elle est dans un impôt progressif équitable et dans la participation de toutes les entreprises par une fiscalité intelligente.

      Maxime Vallée-Landry
      Candidat à la maitrise, Université de Sherbrooke

    • Cette question est toujours isolée comme bien d'autres. Tout est une question de choix de société. 29 milliards d'avions militaires, 3 milliards aux pétrolières, baisses d'impôts des banques qui enregistrent des profits records année après année. Vous me direz qu'une partie est fédérale, je vous répondrai que c'est quand même nos sous. En 10 ans le Québec s'est privé de pratiquement 10 milliards en accordant des baisses d'impôts que nous n'avions pas les moyens de se payer avec les services que nous avons choisi de nous doter. Aujourd'hui demandez à quiconque et personne ne dira qu'il a plus d'argent dans ses poches. Pire le 41% qui ne paye pas d'impôt de part ses revenus faibles se voit aujourd'hui accablé par des hausses de tarifs partout. Le moyen le plus régressif de financer des services.Une question de choix et nos gouvernements n'ont pas le leadership de les présenter clairement aux citoyens. Alors on choisit ceux dont le rapport de force est le plus faible dans la société. Meilleur moyen: la peur. La peur que le diplôme ne soit plus compétitif. Pour tous les bacheliers «bullshit» la qualité diminue pour bien d'autres raisons que le financement.Sébastien Paquin-Charbonneau

    • 500$ d'augmentation de frais de scolarité réprésentent 5% d'un salaire de 10 000$ par ans. Si, je peux avoir ce 5% d'augmentation salariale, pendant trois ans, à la sortie de l'univerité. Alors, je dis oui à une hausse des frais de scolarité.

      Ce que je mentionne, c?est bien d?avoir une logique comptable. Mais, encore faut-il qu?elle est un sens de rationalité. Si pour certain des intervenants, ci-haut, c?est un investissement l?éducation post-secondaire. Alors, j?exige d'avoir le droit de bénéficier d?une assurance.

      Donc, si je ne trouve pas de travail, après mes études post-secondaire, j'aurai au moins une assurance qui me fournira un petit salaire pour un investissement qui ne fut, à l'évidence, pas rentable.

      Frédéric Benoit

    • @99306164,

      parlant d'économie 101, il y a aussi fiscalité 101. Ton voisin de banquette nanti payait significativement plus d'impôts que toi, c'était sa contribution au système d'éducation malgré la quasi gratuité scolaire. Il n'y avait pas d'injustice. D'ailleurs, en quoi la hausse des frais de scolarité changera la donne? Les deux paieront plus.

      Si les études universitaires sont payantes, les gens qui en font paient naturellement plus d'impôts toute leur vie durant, ce qui est le bon mécanisme pour assurer la pérénité du système. Et ceux qui s'en tirent moins bien ne s'en trouvent pas pénalisés à vie.

      Le problème n'a jamais été avec les frais de scolarité trop bas. C'est un faux argument qui vise à réduire les impôts des plus riches.

      D. Savard

    • @ JPLaF
      Entièrement d'accord avec vous il manque cruellement de gens de «l'autre côté» toutefois avant de mettre cela sur une décision éditorialiste je crois simplement que plusieurs gens ont été contacté pour réagir et que peu ont eu le temps de faire parvenir leur réponse. Les raisons qui expliquent l'absence de discours alternatifs sont nombreuses mais ne retire en rien la pertinence de votre commentaire : il manque de quoi et le problème majeure de cette absence et une impression de consensus général qui se dégage. Y-a-t-il consensus sur la question des frais de scolarité ... ?

      Philippe Policain

    • J'aimerais ici vous soumettre un angle différent, celui d'un parent.
      Il est facile pour tout ceux qui ont profité des frais de scolarité très bas de maintenant exiger des hausses de la tarification.

      Dans les régions éloignées, comme ici en Abitibi, il faut dès le collégial envoyer nos enfants à l'extérieur. Nous sommes donc dans l'obligation de payer des frais de logement, de transport, de nourriture et autre ainsi que les frais de scolarité très tôt.
      Je connais personnellement des parents qui n'ont pas les moyens de payer et leurs enfants très brillant doivent se contenter d'un DEP. Loin de moi de vouloir dénigrer le DEP, je veux seulement faire remarquer que des rêves et des potentiels sont perdus.

      Certains disent que le gouvernement va compenser en bonifiant les prêts et bourses. Il y aura donc double endettement. Plus de frais de scolarité et plus de prêts à rembourser. Certains sortes des études avec une dette de plus de 30000$. OUFF!!! Ça part bien dans la vie.

      Dernier point, beaucoup de parents ne subviennent pas aux besoins de leur enfant pour des études supérieures. Ceux-ci doivent se débrouiller par eux-même, ce qui veut dire travailler presque temps plein et étudier à temps plein. Chapeau!

      Salutations!

      D'un parent qui a 2 enfants aux études.

      Jean Samuel



    • RESPONSABILISATION DES ÉTUDIANTS

      Les études universitaires sont d'abord et avant tout un investissement privé. Le diplômé universitaire gagnera en moyenne un salaire beaucoup plus élevé que l'individu moyen.

      [C'est parce qu'on va payer 50 ans en impôts et taxes pour la société après nos études]

      Est-ce normal de faire payer cet investissement par tous les contribuables? [OUI]

      Est-ce normal de subventionner tous les étudiants, y compris ceux issus d'un milieu socioéconomique aisé? [OUI puisque tous y contribuent à long terme]

      Il (le gouvernement) devrait s'en tenir à aider ces étudiants à financer leurs études; des emprunts qu'ils rembourseront grâce à des revenus plus élevés une fois diplômés.

      [Comment avoir assez de liquidité pour s'acheter une maison lorsque l'on termine ses études avec 15 000$ de dettes?]

      *** En augmentant les frais de scolarité, le gouvernement s'assure d'une chose: Une grosse classe moyenne qui ne sera jamais "riche".
      Arrêtons de se comparer au reste du Canada, car s'il y a une chose que j'ai appris dans mon parcours scolaire, c'est que le Québec est une province qui vise l'égalité collective. Nous sommes en train de démolir ce que nous avons construit il y a 40 ans.


      Élise Lapointe
      Étudiante en enseignement à l'UdeM

    • Quand on veut vraiment débattre sérieusement, il ne faut pas inviter 10 conférenciers contre 1 seul. La Presse ne fait pas preuve d'objectivité, au contraire, elle prend partie. Cela est désolant et ne peut que nuire à un débat pourtant nécessaire pour l'avancement du Québec.

      Il s'agit ici de personnes ayant des divergences idéologiques simplement. Il n'est pas vrai que les contribuables québécois n'ont pas la capacité de payer davantage pour les universités. Il se peut qu'ils ne veulent pas payer davantage. Bref, il s'agit d'un choix de société contrairement à ce que certains participants tentent de faire croire.

      La hausse des frais de scolarité est trop souvent proposée comme une façon de régler tous les problèmes de ce monde. Il faut pourtant une vision plus globale de notre société. Plusieurs budgets ont diminué les impôts des contribuables pour hausser les tarifs de l'autres. Il s'agit alors d'un transfert de richesses et non de création. En bout de ligne, le Québec ne sortira pas grandi de cet exercice budgétaire. Il faut des projets novateurs capable de créer des investissements importants.

      @99306164

      taxation progressive? hausse des frais de scolarité? Je crois que vous vous mêlez dans vos concepts. La progressivité est en lien avec l'imposition sur le salaire. Je ne vois pas en quoi il y a progressivité dans ce cas-ci. Une hausse des prêts et bourses se fait pour la classe la moins bien nantie. Les frais de scolarité ne seront pas modulés en fonction du salaire de l'étudiant et encore moins de sa famille. Bref, revoyez vos concepts.

      Jean-Pierre Lafortune

    • Je ne suis pas d'accord avec plusieurs commentaires des différents protagonistes mais je ne suis pas pour autant dogmatique sur les relations entre l'État, la société et l'éducation. Comme premier commentaire de ces très intéressantes remarques, je vais tenter de montrer un peu d'ouverture avant que des gens argumentent sans s'écouter mutuellement. Je crois simplement que l'éducation ( et la santé mais ce n'est pas pertinent à ce point de mon commentaire ) ne sont pas des domaines comme les autres, qu'ils doivent être pensé dans un paradigme à part. Pourquoi : ils sont trop fondamentals.

      J'ai 25 ans et je suis en très bonne santé. Je fais des choix de vie sur mon alimentation en favorisant légumes, fruits, quantités équilibré, éviter la «junkfood». Pourquoi ? Pour m'assurer une santé à long terme. L'avantage pour vous le citoyens : si je me maintient en santé toute ma vie je vais coûter moins cher dans trente et quarante ans parce que j'aurais pas besoin d'un double pompage et d'autres services en santé. De plus je fume pas alors le cancer du poumon .. ah oui la fumée secondaire mais ce n'est pas du tout pertinent de mentionner ceci.

      Le lien avec l'éducation est le suivant. Plusieurs arguments plus haut mentionnent la responsabilisation de l'étudiant : ce dernier doit faire des choix de vie pour éviter un fardeau à la société et augmenter la dette. L'argument principal est que le système atteint une limite qui exige un injection monétaire. Si quelqu'un a décidé de manger trois fois par semaine à la Belle Province et mange trois quantités de fruits et légumes par semaine pendant trente ans - et fume un paquet en trois jours - j'estime qu'il a le droit à un accès gratuit à la santé pour cette santé qu'il n'a pas cultivé tout au long de sa vie. Son choix le concernait et pourtant il va causer un fardeau sur la société - combien coûte déjà le poids du tabagisme au système hospitalier québécois ? - mais j'estime que la santé sort du paradigme normal de rentabilité économique.

      Demandez aux étudiants de payer pour l'éducation ? Plusieurs vont affirmer qu'il ne faut pas pour la gratuité. C'est mon argument mais pas celui de tous ceux qui vont l'invoquer : la réalité est très simple. Tous doutent - avec raison - que l'argent va réellement changer de quoi.

      Puis-je être convaincu de la pertinence de l'augmentation des frais de scolarité : biensûr ? Par des arguments de «scienceux économiqueux» avec les arguments du jours ? Non pas du tout et ce n'est que ces arguments qui sont invoqués. Montrez moi l'étude qui illustre avec un applomb et une méthodologie infaillible et l'augmentation va à la fois réellement augmenter la qualité de l'enseignement ET que les classes les moins aisées de la société pourront y accéder ? Pourquoi les pauvres devraient accéder à l'Université ? Pour donner une réponse simple : pour donner la possibilité de briser le cycle. Montrez moi des arguments qui n'appellent pas au fatalisme mais bien plus à un projet de société, à une vision commune.

      Ce n'est pas tout mais je suis à l'école et je veux compléter mon mémoire de maîtrise aujourd'hui. Réflexion incomplète mais bon c'est un commentaire en ligne !

      P.S. : je rajoute qu'il s'agit d'un débat très égoïste. Jeunes - exception de certains personnes comme certains auteurs cité plus haut - vont être contre la hausse des frais de scolarité parce qu'ils les paient maintenant. Plusieurs qui approuvent la hausses des frais de scolarité sont vieux - l'école est bien loin et les enfants sont placés. Toutefois, je rappelle aux plus vieux qui m'ont lu ici que même s'ils ont travaillé 55-60h semaine toute leur vie en mangeant d'une manière non-équilibré et qu'ils sont aujourd'hui obèses parce qu'ils ne font aucunement attention à leur forme physique : je vais accepter de payer les frais qu'il engendrent dans les hôpitaux d'ici les prochaines années.

      Cruel ; mais lucide. L'éducation et la santé ne doivent jamais être pensé dans le même paradigme que les autres services de l'État.

      Philippe Policain
      Étudiant à la maîtrise ou «maîtriseux»

      P.S.S. Quelqu'un peut m'expliquer pourquoi certaines études montrent un lien direct entre l'augmentation des frais de scolarité et la fréquentation scolaire tandis que d'autres études ne montrent aucun lien direct ?

    • La hausse des frais de scolarité répond à une logique déficiente. Les universités sont financées en fonction de la taille de leur clientèle, la hausse importante des frais entraînera une réduction de la clientèle à moyen terme, je ne serais pas surpris d'entendre les universités se plaindre encore dans 5 ans de sous-financement endémique et de réclamer encore des hausses pour palier à une situation qu'elles auront créé de toute pièces.

      Baser l'argument de la hausse sur la comparaison avec les autres provinces, c'est démontrer la vacuité de la réflexion à ce sujet. Le Québec s'était donné un système d'éducation gratuit pour lutter contre la sous-scolarisation de sa population. Que je sache, les taux d'abandon scolaire sont toujours élevés. Les plus nantis ne verront pas la différence, mais ce sont les plus pauvres qui écopperont encore malgré la prétendue bonification du régime des prêts et bourses.

      Il est ironique de voir ceux qui s'expriment dans l'article, ils ont tous bénéficiés de frais de scolarité très bas. Ils ne veulent plus payer leur part d'impôts pour entretenir le système d'éducation alors que c'est la conséquence logique pour ceux qui ont bénéficié d'une éducation presque gratuite à l'époque. Et ils viennent donner des leçons à la génération aux études en voulant leur faire accepter ce que eux n'ont jamais accepté.

      D.Savard

    • Cette hausse considérable n'est absolument pas justifiée. Les étudiants universitaires québécois sont l'avenir du Québec. Il s'agit d'une richesse collective qui profitera à tous, aux entreprises notamment. Le gouvernement du Québec vient tout juste d'investir pas moins de 200 millions de dollars dans un amphithéâtre pour la ville de Québec. Cet amphithéâtre risque d'être déficitaire, puisque la LNH a affirmé que les chances étaient minces que la capitale puisse avoir sa propre équipe de hockey. Les banques enregistrent au dernier trimestre des profits records. Lorsque c'était la crise économique, on injectait des millions de dollars pour sauvegarder ces banques et certaines entreprises. Si les universités ont un manque réel d'argent, pourquoi le gouvernement ne s'empresse pas d'injecter cet argent pour leur venir en aide. La ministre Beauchamp affirme que les pénalités imposées à McGill pour son MBA à 30 000$, sont au nom de la protection de l'accessibilité à l'éducation. Les hausses des frais de scolarité vient justement empêcher plusieurs, qui n'ont pas les moyens, d'obtenir un diplôme universitaire. Lors des débats à l'automne, on justifiait cette hausse en comparant les frais de scolarité du Québec avec ceux des autres universités canadiennes. Toutefois, lorsque c'était le temps de comparer la situation des procureurs à la situation canadienne, il en n'était pas question. Le gouvernement s'aveugle volontairement et choisi ses batailles sans se soucier de l'appel des gens. Ces gens sont censés être bien représentés par des députés à l'écoute de ses électeurs. On a fait le choix de l'accessibilité, il y a deçà très longtemps au Québec. Pourquoi y renoncer?  M. Routhier Caron

    • Il était à peu près temps que les frais de scolarité soient plus élevés (avec des prêts/bourse en conséquence). Étant un étudiant qui a dû s'endetter de près de 20,000$ pour étudier, j'ai toujours trouvé incohérent que mes voisins de banquette, qui arrivaient avec leur BMW, et qui demeuraient dans un 6½ sur le Plateau, payaient les même frais que moi (après prêts/bourse). Et pourquoi le système de taxation progressif serait-il bon pour le citoyen, mais non pour l'étudiant?  À chaque fois que je vois un cégépien avec son ruban rouge...je me dis :"Un autre qui ne comprend rien ou qui devrait avoir un cours d'économie 101...") B. Coupal

    • Je suis d'accord avec bon nombre des gens qui s'expriment ici et je crois également que le statut quo n'est pas une solution viable à long terme pour nos universités. Cependant, il faut rappeler à La Presse que pour tenir un débat, il faut des gens qui ont des opinions divergentes. Ici, on ne peut que donner raison à tous les étudiants miliants qui écriront, d'ici quelques heures, que vous présentez qu'une seule version: celle que votre équipe éditoriale veut promouvoir... Cette critique est-elle justifiée? SVP, il y a certainement des gens crédibles qui croient en la gratuité universelle (à l'extérieur de la FEUQ). Sinon, pourquoi vantons-nous tant le modèle scandinave? Un peu de rigueur intellectuelle... Hugo Pilon Larose

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